Victor Hugo
Roudnytsky, Rylsky

Vie

Monstre sacré de la littérature française, exceptionnel par son implication dans les combats de son temps autant que par la fécondité de son imagination, Hugo domine le XIXe siècle. Placé par sa naissance au cœur des tiraillements d’un siècle mouvementé (un père républicain puis bonapartiste, une mère royaliste et vendéenne), évoluant du royalisme ultra au socialisme républicain, à la fois brocardé et encensé de son vivant, connaissant l’exil et les deuils, il veut tout dire, en somme, pour tous, et de toutes les façons possibles.

Drame, recueil poétique, roman, préface, assemblée politique, affiche placardée, tout est tribune pour Hugo. Tous les genres et tous les registres montrent l’Homme, titan infime en proie à des forces manichéennes contradictoires. Sa prose comme sa poésie éclatent de son génie des contrastes; l’inspiration hugolienne est partout lyrique et épique : les visions dantesques côtoient la tendresse pour tout ce qui est faible. Le jeu prodigieux des sons, des cadences et des antithèses brosse en une fresque biblique le cheminement douloureux de l’humanité vers le progrès. Tel son personnage Hernani, Victor Hugo est à lui seul « une force qui va ! ». Son œuvre reste l’une des plus puissantes et des plus populaires de la littérature française.

Œuvre

1826 : Odes et Ballades
1829 : Les Orientales
1831 : Notre-Dame de Paris
1838 : Ruy Blas
1853 : Les Châtiments
1856 : Les Contemplations
1859 : Première série de la Légende des siècles
1862 : Les Misérables
1865 : Les Chansons des rues et des bois
1874 : Quatrevingt-treize
1877 : Nouvelle série de la Légende des siècles
1883 : Série complémentaire de la Légende des siècles

Traductions

La quasi-totalité de l’œuvre hugolienne est traduite en ukrainien. En Ukraine, Ivan Franko contribua beaucoup à faire connaître Victor Hugo, entre autres en traduisant huit poèmes des Châtiments ainsi qu’onze autres tirés d’autres recueils, un extrait des Misérables (Waterloo) et de Torquemada. Franko est également l’auteur d’une étude sur l’œuvre du génie français, paru à l’occasion du centenaire de sa naissance. Hugo fut également traduit par Lessia Oukraïnka, sa mère Olena Pchilka, Starytsky, Hrabovsky, Rylsky, Bajane, Boris Ten, Roudnytsky, Shovkoun, Holovanyvky et d’autres…

Sur cette page :

  • Mazeppa. Traduction ukrainienne de Michel Roudnétskéï publiée en 1933. Polyglotte, M. Rudnytsky pouvait parler une dizaine de langues, dont le polonais, l’allemand, le français, l’anglais, le russe, l’italien et le yiddish (sa mère était juive). Roudnétskéï avait été professeur de français et d’anglais à l’université ukrainienne clandestine de Lviv dans les années 1920. Membre de la Société T. Chevtchenko (NTCh) et enseignant à l’Université polonaise de Lviv, sans toutefois être titulaire de son poste eût égard aux discriminations polonaises, il refuse d’émigrer lorsque l’Urss s’empare de la Galicie ukrainienne en 1939. Après s’être caché durant la guerre, en 1947 les autorités soviétiques l’accusent de « nationalisme » en dépit de sa sympathie pour l’Ukraine soviétique dans les années 30. On le contraint alors à collaborer à divers ouvrages de propagande antinationalе en le menaçant d’exclusion. Enseignant à l’Université de Lviv jusqu’à sa retraite, il est l’auteur d’intéressantes traductions, dont une d’Hamlet récemment retrouvée.  
  • L’Art et le peuple. Traduction ukrainienne de Maksém Rélskéï (1961). Dans les années 1920, période d’intense ukrainisation et d’essor littéraire, Maxime Rylsky ne s’était pas encore plié à l’art officiel de l’État bolchevique. Il ne le fera que dans les années 30 pour avoir la vie sauve. Entre-temps, il se cultivera et apprendra en autodidacte plusieurs langues, dont le français. Nous lui devons entre autres de monumentales traductions de Racine, Molière, Voltaire, Corneille, Boileau, mais aussi de Victor Hugo et surtout d’Edmond Rostand, avec un superbe Cyrano.

Etudes

ПОЕТИКА ВІКТОРА ГЮГО У ПЕРЕКЛАДІ МАКСИМА РИЛЬСЬКОГО (С. Прутько, ІНОЗЕМНА ФІЛОЛОГІЯ. 45/2012)

Autres auteurs

Auteurs ukrainiens: Taras Chevtchenko, Constitution de Bendèr (Pylyp Orlyk)Youri Klen
Auteurs français: Victor Hugo

Mazeppa. Inspiré par le poème de Byron et la toile éponyme de Louis Boulanger, Hugo encore jeune romantique, écrit « Mazeppa » en 1828. L’œuvre sera incorporée dans les « Orientales » l’année suivante. Le héros est un personnage historique ukrainien, chef de l’État Cosaque en rébellion contre l’empire russe au début du XVIIIe s. Mais ici, Mazeppa n’est pas qu’un symbole national. Dans cette légende (qui n’a rien d’historique) Mazeppa incarne la figure de l’artiste inspiré, comme attaché à la croupe du Génie. L’artiste cherche en vain à s’en défaire. Le cheval (image du Génie) le mène dans une course folle à travers la campagne sauvage de l’Ukraine, loin de la vie quotidienne, au plus près de l’idéal…

 

Mazeppa

Away ! - Away ! 
 BYRON. Mazeppa.

- I -
 
Ainsi, quand Mazeppa, qui rugit et qui pleure,
 A vu ses bras, ses pieds, ses flancs qu'un sabre effleure,
 Tous ses membres liés
 Sur un fougueux cheval, nourri d'herbes marines,
 Qui fume, et fait jaillir le feu de ses narines
 Et le feu de ses pieds;

Quand il s'est dans ses nœuds roulé comme un reptile,
 Qu'il a bien réjoui de sa rage inutile
 Ses bourreaux tout joyeux,
 Et qu'il retombe enfin sur la croupe farouche,
 La sueur sur le front, l'écume dans la bouche,
 Et du sang dans les yeux,

Un cri part; et soudain voilà que par la plaine
 Et l'homme et le cheval, emportés, hors d'haleine,
 Sur les sables mouvants,
 Seuls, emplissant de bruit un tourbillon de poudre
 Pareil au noir nuage où serpente la foudre,
 Volent avec les vents !

Ils vont. Dans les vallons comme un orage ils passent,
 Comme ces ouragans qui dans les monts s'entassent,
 Comme un globe de feu;
 Puis déjà ne sont plus qu'un point noir dans la brume,
 Puis s'effacent dans l'air comme un flocon d'écume
 Au vaste océan bleu.

Ils vont. L'espace est grand. Dans le désert immense,
 Dans l'horizon sans fin qui toujours recommence,
 Ils se plongent tous deux.
 Leur course comme un vol les emporte, et grands chênes,
 Villes et tours, monts noirs liés en longues chaînes,
 Tout chancelle autour d'eux.

Et si l'infortuné, dont la tête se brise,
 Se débat, le cheval, qui devance la brise,
 D'un bond plus effrayé
 S'enfonce au désert vaste, aride, infranchissable,
 Qui devant eux s'étend, avec ses plis de sable,
 Comme un manteau rayé.

Tout vacille et se peint de couleurs inconnues
 Il voit courir les bois, courir les larges nues,
 Le vieux donjon détruit,
 Les monts dont un rayon baigne les intervalles;
 Il voit; et des troupeaux de fumantes cavales
 Le suivent à grand bruit.

Et le ciel, où déjà les pas du soir s'allongent,
 Avec ses océans de nuages où plongent
 Des nuages encor,
 Et son soleil qui fend leurs vagues de sa proue,
 Sur son front ébloui tourne comme une roue
 De marbre aux veines d'or.

Son œil s'égare et luit, sa chevelure traîne,
 Sa tête pend; son sang rougit la jaune arène,
 Les buissons épineux;
 Sur ses membres gonflés la corde se replie,
 Et comme un long serpent resserre et multiplie
 Sa morsure et ses nœuds.

Le cheval, qui ne sent ni le mors ni la selle,
 Toujours fuit, et toujours son sang coule et ruisselle,
 Sa chair tombe en lambeaux;
 Hélas ! voici déjà qu'aux cavales ardentes
 Qui le suivaient, dressant leurs crinières pendantes,
 Succèdent les corbeaux !

Les corbeaux, le grand-duc à l'œil rond, qui s'effraie,
 L'aigle effaré des champs de bataille, et l'orfraie,
 Monstre au jour inconnu,
 Les obliques hiboux, et le grand vautour fauve
 Qui fouille au flanc des morts, où son col rouge et chauve
 Plonge comme un bras nu !

Tous viennent élargir la funèbre volée;
 Tous quittent pour le suivre et l'yeuse isolée
 Et les nids du manoir.
 Lui, sanglant, éperdu, sourd à leurs cris de joie,
 Demande en les voyant : Qui donc là-haut déploie
 Ce grand éventail noir ?

La nuit descend lugubre, et sans robe étoilée.
 L'essaim s'acharne, et suit, tel qu'une meute ailée,
 Le voyageur fumant.
 Entre le ciel et lui, comme un tourbillon sombre,
 Il les voit, puis les perd, et les entend dans l'ombre
 Voler confusément.

Enfin, après trois jours d'une course insensée,
 Après avoir franchi fleuves à l'eau glacée,
 Steppes, forêts, déserts,
 Le cheval tombe aux cris des mille oiseaux de proie,
 Et son ongle de fer sur la pierre qu'il broie
 Éteint ses quatre éclairs.

Voilà l'infortuné gisant, nu, misérable,
 Tout tacheté de sang, plus rouge que l'érable
 Dans la saison des fleurs.
 Le nuage d'oiseaux sur lui tourne et s'arrête;
 Maint bec ardent aspire à ronger dans sa tête
 Ses yeux brûlés de pleurs.

Eh bien ! ce condamné qui hurle et qui se traîne,
 Ce cadavre vivant, les tribus de l'Ukraine
 Le feront prince un jour.
 Un jour, semant les champs de morts sans sépultures,
 Il dédommagera par de larges pâtures
 L'orfraie et le vautour.

Sa sauvage grandeur naîtra de son supplice.
 Un jour, des vieux hetmans il ceindra la pelisse,
 Grand à œil ébloui;
 Et quand il passera, ces peuples de la tente,
 Prosternés, enverront la fanfare éclatante
 Bondir autour de lui !

- II -

Ainsi, lorsqu'un mortel, sur qui son dieu s'étale,
 S'est vu lier vivant sur ta croupe fatale,
 Génie, ardent coursier,
 En vain il lutte, hélas ! tu bondis, tu l'emportes
 Hors du monde réel, dont tu brises les portes
 Avec tes pieds d'acier !

Tu franchis avec lui déserts, cimes chenues
 Des vieux monts, et les mers, et, par delà les nues,
 De sombres régions;
 Et mille impurs esprits que ta course réveille
 Autour du voyageur, insolente merveille,
 Pressent leurs légions.

Il traverse d'un vol, sur tes ailes de flamme,
 Tous les champs du possible, et les mondes de l'âme;
 Boit au fleuve éternel;
 Dans la nuit orageuse ou la nuit étoilée,
 Sa chevelure, aux crins des comètes mêlée,
 Flamboie au front du ciel.

Les six lunes d'Herschel, l'anneau du vieux Saturne,
 Le pôle, arrondissant une aurore nocturne
 Sur son front boréal,
 Il voit tout; et pour lui ton vol, que rien ne lasse,
 De ce monde sans borne à chaque instant déplace
 L'horizon idéal.

Qui peut savoir, hormis les démons et les anges,
 Ce qu'il souffre à te suivre, et quels éclairs étranges
 A ses yeux reluiront,
 Comme il sera brûlé d'ardentes étincelles,
 Hélas ! et dans la nuit combien de froides ailes
 Viendront battre son front ?

Il crie épouvanté, tu poursuis implacable.
 Pâle, épuisé, béant, sous ton vol qui l'accable
 Il ploie avec effroi;
 Chaque pas que tu fais semble creuser sa tombe.
 Enfin le terme arrive... il court, il vole, il tombe,
 Et se relève roi !

 

Мазепа

Away ! - Away ! -
 BYRON, Mazeppa

- І -
 
Коли Мазепа з ревом і у сльозах лютих
 Відчув, що тіло все, від рук до ніг, у путах,
 І з шаблі бік горить,
 І кінь баский під ним, годований травою
 Хвиль морських, аж пашить огнистою жагою
 Із ніздрів та копит –

Коли гадюкою звивався під шнурами,
 Безсиллям скаженілий, дарма, до нестями
 При втішених катах,
 І падав на грізний кінський хребет поволі
 З піною на губах, у поті весь на чолі
 І з кров’ю на очах –

Неждано знявся крик: – і ось нараз без стриму
 Людина й кінь летять у далечінь незриму
 Крізь вибалки пісків,
 Самі, у гомоні та куряві пустари,
 Мов блискавка зміїна ріже чорні хмари
 У здогоні вітрів!

Летять…. Долинами, здається, подув бурі,
 Немов борвій, що гори з’юртував похмурі,
 Як розторілий щит….
 Раз як сіренька крапка, що у мряці гине,
 То знову виринають білим бризьком піни,
 Що б’є в морський блакит.

Летять. Простору досить. Око і не вловить
 Пустелю непочату й неосяжний овид –
 Пірнули у безмеж.
 Їзда їх наче лет, в якому ось-ось щезне
 Під ними гір зчорнілих пасмо величезне,
 Тінь міст, дерев і веж.

Та скільки раз сердега вдарить головою
 Від бунту, кінь здригнеться з остраху, стрілою
 Понад вітрами птах,
 Жене все глибше й глибше в поле опустіле,
 Де ледви зморшками піски замерехтіли,
 Мов сукня у пружках.

Чудними плямами танцює світ довкола,
 Мигтіють довгі хмари, лісів горді чола,
 Останки башт-руїн;
 І бачить: промінем золочені гір рями,
 І коні, що за ним рвонулись табунами,
 Прямують навздогін…

І небо, де вже вечір ставить перші кроки
 У переливах хмар, що тонуть у глибокі
 Плави хмарин нових,
 І сонце, що мов човен хвилі його поре,
 Купає своє коло мармурно-прозоре
 Все в жилках золотих.

Блукає зір їздця, волочиться чуприна,
 Повисла голова, багріє у краплинах
 Пісковина й кущі;
 А посиніле тіло мотузи обвили,
 Як змій, що душить жертву з усієї сили
 Й бере її в кліщі.

А кінь, не чуючи сідла вже ні вудила,
 Скривавлений, жене вперед, щосили, з тіла
 Шматки собі рвучи;
 За ним новий табун… За стадом полохливим,
 Що розкудовчили у гоні свої гриви,
 Вже й галичі ключі!

Сичі за гайворонням сунуть без вагання,
 Орел із побоєвищ і надморська каня,
 Хоч день її сліпив,
 Підзорні сови, дужий трупоїд-шуліка,
 Якого гола шия, наче рука дика,
 Розрізує мерців!

Злітає все на ці воздушні похорони,
 Все кидає гніздо: старих дубів корони,
 Старезні хуторі,
 Мазепа ж, очманілий, нечутний на крики,
 Питається себе: – Хто там простяг велике
 Ці віяло вгорі?

Надходить ніч без зірки, схована у мряки.
 Завзялися звірі, як нагнані собаки,
 На бідного їздця;
 Між ним і небом, наче темінь хуртовини…
 Він бачить їх, то тратить, чує, як із тіней
 Жене ватага ця.

Нарешті по трьох днях безглуздої погоні
 Крізь бори та степи, пустелі й оболоні,
 Як леди рік пройшов,
 При криках хижаків кінь падає при смерті,
 Звалився на каміння, на гамуз розтерте
 При блискавках підков!

А обік впала гола, зломана людина,
 Покрита вся кервою, більше, ніж калина,
 Коли заквітне ліс;
 Над нею хмара птах кружляючи гогоче
 І не одна бажає виколоти очі,
 Розпалені від сліз.

Та що ж! цей труп живий, що повзаючи гине
 Колись ще буде народом України
 Звеличений як князь;
 Шулікам і вірлам він дасть свою відплату,
 Невкритими гробами вкриє піль багато,
 Де кров його лилась.

Страхітна його велич з його мук повстане.
 Колись кирею вдягне прадідних гетьманів
 У сяєві зіниць;
 А як у ній з’явиться – степові народи
 Пішлють йому назустріч фанфар хороводи
 І падатимуть ниць!

- ІІ -

Так само і ти линеш на уяви крилах,
 Звичайний смертнику, коли тебе сплила
 Таємна міць богів:
 Даремне не даєшся, верхівець, – твій геній
 Несе тебе насильно в самотні скаженій
 За овиди світів.

Минаєш старі гори та снігові шпилі,
 Пустині, океани, десь на небосхилі
 Підхмарну далину,
 В утечі позаземній тягнеш за собою
 Ряди нечистих духів, що самі юрбою
 Прокинулись зі сну.

У пориві натхненнім переходиш межі
 Всієї дійсності і п’єш на безбережжі
 Із вічної ріки…
 Ніч зоряна і темна прибрана, поете,
 Волоссям, що його розкинули комети,
 Виводячи танки.

І бачиш нові зорі, Сатурна перстені,
 Підбігунових ночей заграви всміхнені
 Посеред білих криг,
 Ніщо тебе не томить, світ – життя безкрає,
 І кожним порухом його кінці зміняє
 Твій невгамовний біг.

Хто коли-небудь знає – янголи, демони?! –
 Яка це страшна мука – твої перегони,
 Чим у твоїм очах
 Ті дивні блискавки? Якими це вогнями
 І крилами примар пече тебе ночами
 Невисловлений жах?

Кричиш від остраху і, далі незворушний,
 Женеш, блідий, охлялий… злітаєш, бездушний,
 На землю з гордих хмар…
 За кожним твоїм кроком ближче до могили,
 Падеш… ось край… це раз зібрав ти свої сили,
 Встаєш, Ти – Володар!

 

 

L’Art et le peuple. « Châtiments » est un recueil de poèmes satiriques visant Napoléon III, coupable selon Victor Hugo de tyrannie. Avec « L’art et le peuple » (1853) Hugo s’insurge contre la faillite des valeurs et entend garder de son pays, malgré la censure historique pratiquée sous le Second empire et la démagogie des élites au pouvoir, la plus haute image. Traduit en ukrainien par Maxime Rylsky sous le régime soviétique, la portée philosophique de l’œuvre ne pouvait en être que plus grande. Rylsky confère néanmoins au poème une image moins classique, et surtout moins noire et solennelle que dans l’original. D’une façon générale, le traducteur tient à transmettre et adapter le texte en tenant compte de la situation de l’Ukraine à cette époque. Malgré plus d’un siècle d’écart, les deux textes remplissent pleinement leur mission.

L’Art et le Peuple

- I -
 
L’art, c’est la gloire et la joie.
 Dans la tempête il flamboie ;
 Il éclaire le ciel bleu.
 L’art, splendeur universelle,
 Au front du peuple étincelle,
 Comme l’astre au front de Dieu.
 
L’art est un champ magnifique
 Qui plaît au cœur pacifique,
 Que la cité dit aux bois,
 Que l’homme dit à la femme,
 Que toutes les voix de l’âme
 Chantent en chœur à la fois !
 
L’art, c’est la pensée humaine
 Qui va brisant toute chaîne !
 L’art, c’est le doux conquérant !
 A lui le Rhin et le Tibre !
 Peuple esclave, il te fait libre ;
 Peuple libre, il te fait grand !

- II -

O bonne France invincible,
 Chante ta chanson paisible !
 Chante, et regarde le ciel !
 Ta voix joyeuse et profonde
 Est l’espérance du monde,
 O grand peuple fraternel !
 
Bon peuple, chante à l’aurore,
 Quand le soir vient, chante encore !
 Le travail fait la gaîté.
 Ris du vieux siècle qui passe !
 Chante l’amour à voix basse,
 Et tout haut la liberté !
 
Chante la sainte Italie,
 La Pologne ensevelie,
 Naples qu’un sang pur rougit,
 La Hongrie agonisante… -
 O tyrans ! le peuple chante
 Comme le lion rugit !

Мистецтво і народ

- І -
 
Мистецтво – радощі і слава,
 Веселка серед бур яскрава,
 Блакить, дарована землі.
 Воно, прекрасне і безкрає,
 В народу на чолі палає,
 Як зірка в бога на чолі.
 
Мистецтво – поле величаве,
 Що серце радує ласкаве,
 Розмова міста і гаїв,
 І двох закоханих розмова,
 І пісня це душі чудова,
 Де чути безліч голосів.
 
Мистецтво – думка це розкута,
 Що всі людські ламає пута,
 Воно як ніжний воїн б'є!
 Воно по всіх краях витає,
 Народи в рабстві – визволяє,
 А вільним – велич додає.

- ІІ -

О Франціє непереможна,
 Співай, хай пісня лине кожна
 У піднебесну височінь!
 Великий, добрий мій народе,
 Ти вісник правди і свободи,
 Людських надія поколінь!
 
Співай, народе, про світанок,
 Хоч би й давно минувся ранок!
 В труді оновлюється край.
 Старе осміюй без вагання!
 Співай тихенько про кохання,
 Про волю – голосно співай!
 
Співай про італійців долю,
 Про Польщі братньої неволю,
 Про дні Неаполя страшні
 І про Угорщини конання…
 Народу спів – це клич повстання,
 Рик лева, деспоти земні!

 

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