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    jeux cosaques et hopak martial
    Les "jeux cosaques" et le hopak martial mettent à l'honneur la culture martiale et les valeurs de la сosaquerie. Ils ont devancé le grand renouveau identitaire auquel on assiste aujourd'hui en Ukraine.
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  • L’Affaire <BR>Schwartzbard – Petlioura L’Affaire
    Schwartzbard – Petlioura
    Samuel Schwartzbard fut-il le justicier qu'il a prétendu être? Simon Petlioura s'est-il compromis en tolérant des pogroms antisémites? Et les Soviétiques ont-ils organisé l'attentat à des fins de propagande ? Le procès ne permit jamais de répondre à ces trois questions. Mais après la chute de l'Urss, des éléments nouveaux sont venus compléter ce dossier qui mériterait aujourd'hui une révision en Justice.
  • 18 mai 1944 : déportation totale des Tatars de Crimée 18 mai 1944 : déportation totale des Tatars de Crimée La journée dite du "Surgûn" commémore tous les 18 mai la déportation des Tatars criméens, ultime épisode génocidaire suite auquel la Crimée "qui-a-toujours-été-russe" devint russe à 90%.
  • Le 9 mai 1945, drôle de victoire pour l'Ukraine Le 9 mai 1945, drôle de victoire pour l'Ukraine D'une guerre à l'autre, la propagande russe ne varie guère. Mais le temps des dogmes soviétiques en Ukraine est bel et bien fini.
  • <BR /><BR />Sept sur onze...

    Sept sur onze...
    Deux tiers des Français voteront pour un candidat moscoutaire au premier tour
  • <span style="text-transform: none;">Le linceul du "monde russe" <BR />sera orné de</span> broderies ukrainiennes Le linceul du "monde russe"
    sera orné de
    broderies ukrainiennes
    Le légendaire journaliste russe Alexandre Nevzorov explique pourquoi Russes et Ukrainiens ne sont pas des peuples frères et pourquoi le « monde russe » n’est pas constructible.
  • Holodomor <span style="text-transform: none;"><BR />‒ un Holocauste ukrainien?</span> Holodomor
    ‒ un Holocauste ukrainien?
    En 1932 et 1933, des millions d’ukrainiens furent intentionnellement affamés. Avec des pertes comparables à celles de la première guerre mondiale, la guerre paysanne menée par le régime russo-communiste en Ukraine apparaît comme l’une des plus vastes hécatombes de l’histoire universelle.

Maudits marais (Ourengoï)

C'est ici que tout a commencé. Dans un des innombrables marais du Yamal en Sibérie occidentale. Sur le 66° degré nord on tutoie le cercle polaire. La terre est stérile, mais les champs gaziers ont donné une ville, Novy Ourengoï, à ce jour la plus septentrionale du monde.

 

Sortie de terre dans les années 70 grâce aux jeunesses communistes, elle a gardé son pur style soviétique de cité ouvrière, comme si La Courneuve s’était déplacée dans la toundra. Mais avec sa moyenne annuelle toujours négative, son amplitude de -60° à +40°, son sol gelé en permanence (la merzlota) et « l’or bleu » qu’il faut parfois puiser à plus de cinq milles mètres, le golf de l’Ob n’est devenu l’Eldorado gazier de la Russie qu’avec l’extrême résistance de techniciens compétents. Ils sont venus se damner pour un meilleur salaire et pour une vie meilleure, ce qui, sous ces latitudes, ne va pas forcément de soi… Aujourd’hui, plus question de « construire le socialisme » comme le chantait la propagande. On vient ici d’abord pour survivre.

Quel paradoxe que de venir chercher la survie dans un milieu aussi hostile et lointain. Mais la ruée vers l’or (qu’il soit bleu, jaune ou noir) efface la distance et les glaces polaires, comme elle efface les traces du passé concentrationnaire. Peu d’Ourengoïens se souviennent que la « civilisation » est arrivée ici grâce à des formes d’organisation moins pétulantes que celle des komsomols. Dans ces mêmes marais, du début des années 1920 jusque dans les années 1950, des hommes ont été amenés de force par convois entiers. Beaucoup trouvèrent le dernier coup que devait leur porter la vie, ici même, dans les marais d’Ourengoï.

Maudits des nomades, maudits des colons et des pionniers ukrainiens, ces marais enferment, depuis, toutes les promesses de vie et de prospérité. C’est pourquoi on s’y jette encore, à corps perdu, avec aux jours d’été, les moustiques, les ours et les chaleurs moites; puis quand arrivent l’hiver polaire, les gelures, la solitude et les tempêtes boréales, synonymes de vols annulés… Les stations de forages peuvent être parfois très distantes de Novy Ourengoï, et si on n’a pas les moyens pour se payer l’avion, l’Ukraine natale se trouve à des journées de trains.

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Discours d’investiture de Petro Porochenko

Mes chers compatriotes, de Lviv à Donetsk, et de Tchernihiw à Sébastopol ! Nous autres Ukrainiens, foyer ardent au sein des peuples d’Europe, sommes d’actifs contributeurs de son œuvre civilisatrice. Ainsi parlait Ivan Fanko1. « Que notre cœur et nos pieds restent en Ukraine, mais que nos têtes soient en Europe » – telle était la volonté de Michel Drahomanov2.

Pour l’Europe et la Paix

Le retour de l’Ukraine à son état naturel, européen, fut le rêve de nombreuses générations. La dictature de ces dernières années en Ukraine voulut nous priver de cette perspective ; et le peuple s’est soulevé. La Révolution de la dignité a vaincu, mais elle ne s’est pas contentée de changer le pouvoir. Le pays lui-même a changé. Les citoyens se sont métamorphosés. Le temps des changements positifs et irréversibles est arrivé. Mais pour les mettre en œuvre, nous avons tout d’abord besoin de paix, de sécurité et d’unité.

Pour entraver les fabuleuses opportunités de mise à jour européenne qu’offrait à l’Ukraine le renversement de la tyrannie, une véritable guerre programmée d’avance s’est mise à sévir dans la région ukrainienne du Donbass.

Jusqu’à présent, nous étions nombreux à penser que l’Indépendance nous avait été octroyée. Rien n’est moins faux ! Pour notre indépendance, notre souveraineté, des générations entières de patriotes ukrainiens se sont battues. Pour elle sont tombés les héros de la Compagnie céleste3. Pour elle tombent encore des soldats ukrainiens et de simples civils.

Je demande une minute de silence pour celles et ceux qui ont donné leur vie pour la Liberté et l’Indépendance de l’Ukraine.

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  1. Un des plus grands écrivains ukrainiens. Intellectuel très au fait des questions européennes, et comme tel attentif au dialogue entre les différentes nations. En témoigne son article de 1896 (« Nous sommes aussi en Europe » — І ми в Європі) dans lequel I. Franko encourage les Hongrois à se développer, mais sans violence, notamment contre les Ukrainiens. 

  2. Penseur ukrainien, originale et créatif, très influent en Europe orientale à la fin du XIXe s. Ces deux citations reviennent souvent dans le discours ukrainien sur l’Europe. 

  3. Nom symbolique donné à l’ensemble des manifestants ayant donné leur vie sur les barricades. Le Maïdane était organisé militairement, en compagnies appelées « sotnia » ou centuries. Plus de détails ici

Les 7 promesses de Porochenko

Il s'agissait de gagner la confiance d'un peuple en révolution: c'est désormais chose faite. L'Ukraine enfin unie et sans extrêmes1 offre moins de prise à la machine de propagande franco-russe.

Cette confiance instaurée dans un contexte d’invasion et de menaces militaires extérieures semble naturelle, mais elle risque cependant de s’effondrer aussi soudainement qu’elle est arrivée. Après le désastre Youchtchenko2 (dont Porochenko est d’ailleurs très proche) la légendaire patience des Ukrainiens en politique s’est émoussée. Le président devra faire oublier sa colossale fortune et ses prises d’intérêts dans les médias ukrainiens, sous peine de passer pour le plus oligarchique des oligarques jamais élu dans ce pays.

Ce point crucial fait partie du « top-seven » des promesses électorales qui engagent à présent le magnat du chocolat3.

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  1. Petro (Pierre) Porochenko vient de gagner haut la main dès le premier tour, tandis que les partis Svoboda et Sektor Droit ne totalisent à eux deux pas plus de 2 %. 

  2. Le « héros » de la révolution orange aujourd’hui tombé en disgrâce. 

  3. Poroshenko est propriétaire et fondateur du groupe Roshen, un des plus grands groupes mondiaux de confiserie. Il est également présent dans les médias, avec entre autres une chaîne de télévision. 

Le bleu marine,
c’est le nouveau rouge

Avec plus de 22 % d'intentions de vote dans les sondages début mai, le FN caracole en tête pour les Européennes et affiche sans vergogne ses « opinions » promoscovites. Le rêve européen de l'Ukraine pourrait bien achopper un jour sur l'obstacle Front National si par malheur le populisme européen l'emportait à Strasbourg. Au Kremlin, on y pense sérieusement.

(publié le 13 mai 2014)

Avant même le début de la campagne officielle, Marine Le Pen et son entourage étaient déjà en lune de Miel avec le poutinisme. De nombreux voyages en Crimée et à Moscou effectués l’an dernier – mais jamais en Ukraine – laissaient présager du choix futur des nouveaux génuflecteurs de l’imperium moskovite. Et ça n’a pas manqué. Tels de braves petits soldats russophiliques ils appuyèrent aveuglément les positions de Poutine agressant et provoquant l’Ukraine. L’ancienne colonie devenue un peu trop européenne et démocratique au goût du tchékiste n’avait qu’à revenir dans le giron de Moscou ou bien crever. Des moyens exceptionnels et spectaculaires furent mis en œuvre par l’Armée rouge, mais pour Marine tout était normal. Seuls les « Bruxellois » étaient coupables de provocations en jouant avec le feu.

Peu de partis français soutiennent l’Ukraine

Tant d’extrême-droite que d’extrême-gauche, en passant par la droite néo-gaulliste ou la gauche chevènementiste, tout ce qui est franchouillard dans la politique française acclamait la Crimée « libérée », accusait le maïdane d’être un repaire d’horribles nazis et vous en ajoutait une louche sur l’Ukraine fédéralisée, mais il va de soi, définitivement interdite d’UE et d’Otan, car par comble de ridicule, toute cette meute aboyante n’avait rien d’autre à dire contre les courageux Ukrainiens mis à part : « les fascistes, c’est eux ! »

Affiche du FN et contre-affichette antiputine, mai 2014

Affiche du FN et contre-affichette antiputine, mai 2014

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se découvrirent au moins un point commun le jour où à l’unisson ils refusèrent d’expliquer aux citoyens français d’origine ukrainienne venus les rencontrer dans les couloirs du Parlement de Strasbourg, pourquoi ils s’en prenaient ainsi au Maïdane. Mais compte tenu de la stratégie krémlinoputine, cette union des contraires semble avec le recul aussi naturelle que perverse. Si l’argument des « néonazis à combattre » est un grand classique auquel se joint à présent le Front National (avant d’en avoir été lui-même continuellement la cible dès son avènement, il y a plus de 40 ans) c’est que Moscou a désormais défini la limite entre bons et mauvais extrémistes. Ceux des pays de l’Union européenne sont les bienvenus, à condition de saper de l’intérieur l’intégration de l’Ukraine; cependant que de leur côté, les frontistes diabolisent et cataloguent les nationalistes ukrainiens selon des critères édictés au Kremlin. Ainsi de Svoboda, qui entretenait naguère de bonnes relations avec Jean-Marie Le Pen, et qui n’est plus considéré comme un parti ami…

Les choses sont très différentes au Centre et chez les écologistes. On a vu le Modem/Udi prendre fait et cause pour le Maïdane dans un superbe clip dénonçant les dangers du poutinisme s’insinuant en Europe. Mais c’est à peu près tout.

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Désinformateurs français

[en cours d’édition!]

Domaine particulièrement propice à la corruption, lamitié franco-russe touche depuis maintenant plusieurs années un nombre croissant d’élus de la République, tout particulièrement depuis l’agression hybride lancée contre l’Ukraine et l’Europe en 2014. Phénomène relativement peu observé et analysé, cette page répertorie dans le détail les différents acteurs et figurants français de cette affaire. Tous ou presque font partie de la stratégie du Kremlin visant à diviser notre continent et couper l’Ukraine de ses soutiens européens.

Font l’objet d’une attention spéciale les élus et autres politiques s’étant rendus dans le Donbass ou la Crimée occupées, suivant par cet acte illicite la voie de la collaboration franco-russe. Ces derniers sont signalés en gras. La mention « ª » indique que des poursuites sont en cours : à ce jour, dix députés français ont été mis en examen par la Justice ukrainienne.

Les listes ci-dessous regroupent l’ensemble des désinformateurs français en fonction de leurs déplacements à Moscou et dans les territoires occupés, de leurs votes hostiles à l’Ukraine, de leurs engagement direct au sein des organisations terroristes DNR et LNR dans le cas des « volontaires » armés, ou encore de leur statut de personae non gratae en Ukraine. Dans la rubrique « Divers » figurent entre autres les personnalités politiques s’étant déclarées favorables a la vente des navires Mistral a la Russie ou encore les députés français mis en examen par la justice ukrainienne.

AVERTISSEMENT ! Pour autant, ces listes ne présument en aucun cas d’un cas avéré de corruption et ne font qu’indiquer une prise de position notoirement favorable à Moscou. 

Déplacements à Moscou
et dans les territoires occupés

PARLEMENTAIRES FRANÇAIS
S’ÉTANT RENDUS EN CRIMÉE OCCUPÉE
MARS 2014

MM. Chauprade et Schaffhauser en compagnie de Marine Le Pen (Parlement de Strasbourg, nov. 2014)

Le 16 mars 2014 a eu lieu le « référendum » de Crimée auquel ont pris part deux « observateurs » français, tous deux du Front national et intermédiaires lors des « prêts » russe à ce dernier. Alors que Moscou justifiait l’occupation de la Crimée pour la protéger des « fascistes », ce sont précisément des « observateurs » d’extrême droite qui furent invités.

Ce pseudo-référendum, non-reconnu par l’ONU ni aucune instance internationale, est à ce jour l’argument principal de Moscou pour justifier l’annexion de la péninsule ukrainienne.

  • Jean-Luc SCHAFFHAUSER (FN)
  • Aymeric CHAUPRADE (alors tête de liste FN aux Européennes en IdF, mais pas encore élu)

Signalons aussi le cas de Luc MICHEL (militant belge d’extrême-droite, président du PCN, Parti communautaire national européen) ainsi que des « observateurs occidentaux » invités par une mystérieuse ONG appelée EODE, en réalité un groupuscule rouge-brun. Parmi eux, Erkki Johan BÄCKMAN, universitaire finlandais qui ne reconnaît ni la Lettonie ni l’Estonie et qui s’est fait licencier de l’université d’Helsinki pour révisionnisme, ou encore le néonazi catalan Enrique RAVELLO. Le cas des députés européens n’est pas plus reluisant. De l’Autriche à la Lettonie, les €urocollabos ayant soutenu officiellement la Russie en se rendant en Crimée et/ou dans l’est de l’Ukraine occupées sont encore plus nombreux.1

JUILLET 2015

Députés français en Crimée occupée, juillet 2015

La plus grande délégation de politiciens et de parlementaires occidentaux depuis l’annexion de la Crimée. Le député de la Douma Léonide SLOUTSKI le déclarait lui-même, bien sûr en évitant le terme « annexion » qu’il appelait pudiquement « printemps russe ». Déjà impliqué dans la manipulation de députés occidentaux en visite en Russie, notamment en Tchétchénie, il savait ce qu’il pouvait attendre de cette délégation…

  • Thierry MARIANI ª (UMP, député des Français de l’étranger, vice-président de l’UMP)
  • Yves POZZO DI BORGO ª (UDI, sénateur de Paris, vice-président de la Comm. des Affaires étrangères et de la Défense)
  • Nicolas DHUICQ ª (UMP, Aube)
  • Claude GOASGUEN ª (UMP, Paris)
  • Jérôme LAMBERT ª (PS, Charente)
  • Jacques MYARD ª (UMP, Yvelines, membre de la comm. des Affaires étrangères)
  • Marie-Christine DALLOZ (UMP, Jura)
  • Yannick MOREAU ª (UMP, Vendée)
  • Sauveur GANDOLFI-SCHEIT ª (UMP, Haute-Corse)
  • Patrice VERCHERE ª (UMP, Rhône)

En janvier 2017, Thierry MARIANI allait également se rendre en Syrie avec ses collègues Nicolas DHUICQJean LASSALLE et des membres de l’organisation SOS Chrétiens d’Orient. Le parti des Républicains s’était alors officiellement désolidarisé de ce voyage.

JUILLET 2016

Les députés français à Sévastopil, juillet 2016

Onze parlementaires français se sont rendus une nouvelle fois en Crimée occupée le 29 juillet 2016 – dix députés et un sénateur – dont six avaient déjà fait partie du voyage en 2015. Sur les onze, un seul n’était pas membre des Républicains : le député de Charente Jérôme LAMBERT, ex-socialiste passé chez les radicaux.

  • Nicolas DHUICQ ª (LR)
  • Jacques MYARD ª (LR)
  • Sauveur GANDOLFI-SCHEIT ª (LR)
  • Jérôme LAMBERT ª (Radicaux)
  • Patrice VERCHÈRE ª (LR)
  • Thierry MARIANI ª (LR)

Les cinq nouveaux venus sont :

  • Jean-Claude BOUCHET (LR)
  • René DANESI (sénateur) (LR)
  • Jean-Luc REITZER (LR)
  • Michel TERROT (LR)
  • Michel VOISIN (LR)
SEPTEMBRE 2017

Seulement deux parlementaires français (ou plus exactement ex-parlementaires, fraîchement battus lors des législatives de juin 2017) se sont rendus en Crimée occupée en tant qu' »observateurs » lors des « élections » du gouverneur de Sévastopil s’étant illégalement tenues le 10 septembre 2017 :

  • Thierry MARIANI ª (LR)
  • Nicolas DHUICQ ª (LR)

Ironie du sort, le député émigré Kolesnitchenko (auteur sous Yanoukovicth d’une loi sur la langue russe comme langue d’Etat) n’a pas reçu l’autorisation de se présenter à ces « élections ». 

 

PERSONNALITÉS FRANÇAISES
S’ETANT RENDUES DANS LE DONBASS OCCUPÉ
NOV. 2014

En novembre 2014, des « élections » régionales ont eu lieu dans le Donbass occupée. Non-reconnues internationalement, pas même par Moscou, un seul Français y fut officiellement invité parmi 54 autres « observateurs ». En réalité ils étaient plusieurs et la plupart du FN, bien que cette étiquette ait été mise de côté.2

  • Jean-Luc SCHAFFHAUSER (député FN)
  • Nicolas LESAGE (dir. de cabinet de Marine Le Pen)
  • Christophe BOUCHER (prestataire vidéo du FN)
  • Fabrice BEAUR (PCN et EODE)
MAI 2015

Les mêmes qu’en novembre 2014, et cette fois pour un « forum » sur l’avenir de la région.

  • Jean-Luc SCHAFFHAUSER (FN)
  • Emmanuel LEROY (ancien conseiller de Marine Lepen)

 

PARLEMENTAIRES FRANÇAIS
S’ÉTANT RENDUS A MOSCOU
OCTOBRE 2015

A l’invitation de la Douma, plusieurs personnalités françaises de droite et d’extrême-droite se sont rendues à un grand raout consacré à la « sécurité internationale ». C’était au Four Seasons de Moscou le 1er octobre 2015, à quelques mètres du Kremlin.

  • Nadine MORANO (LR)
  • Thierry MARIANI ª (LR)
  • Marion MARECHAL-LE PEN (FN)
  • Jean-Luc SCHAFFHAUSER (FN)3
DECEMBRE 2015

Une petite ribambelle de députés et de sénateurs français s’est également rendue à Moscou le 17 décembre 2015 pour y parler de paix avec des fauteurs de guerres. La Fondation russe pour la paix, héritière directe de la Fondation soviétique éponyme, en était l’organisatrice. Léonide SLOUTSKI, président de cette « fondation », est un ultranationaliste et proche collègue, quoique dans une autre genre, de Vladimir Jirinovski.

Députés « Les Républicains » (ex-UMP)

  • Guillaume CHEVROLLIER
  • Claude DE GANAY
  • Nicolas DHUICQ ª
  • Claude GOASGUEN ª
  • Sauveur GANDOLFI
  • Denis JACQUAT
  • Alain MARLEIX
  • Olivier MARLEIX
  • Thierry MARIANI ª (député des Français de l’étranger, vice-président de l’UMP)
  • Alain MARSAUD
  • Patrice MARTIN-LALANDE
  • Yannick MOREAU ª
  • Jacques MYARD ª  ? (Yvelines, membre de la comm. des affaires étrangères)
  • Dominique TIAN
  • Michel VOISIN

Député UDI

  • Maurice LEROY (vice-président du groupe d’amitié France-Russie de l’Assemblée et ancien ministre de Nicolas Sarkozy)

Sénateurs LR

  • René DANESI
  • Éric DOLIGE

Sénateur UDI

  • Yves POZZO DI BORGO ª (un des vice-présidents de la commission des Affaires européennes)

 

Signalons également le voyage de l’ancien président de la République Nicolas SARKOZY, alors président de l’UMP, à Saint-Pétersbourg en juin 2016. Le plus fort c’est Poutine, avait-il alors déclaré, en appelant à lever les sanctions et refuser l’Ukraine dans l’Otan. En septembre 2015, Silvio BERLUSCONI s’était quant à lui rendu en Crimée pour dire à peu près la même chose. 

 

ELUS MUNICIPAUX
S’ÉTANT RENDUS DANS LE DONBASS OCCUPÉ
JUIN 2016
Le 22 juin, une délégation française s’est envolée pour Moscou puis Donetsk. Elle était composée d’Hubert FAYARD, ancien bras droit de Catherine MEGRET à la Mairie de Vitrolles, tous deux condamnés pour discrimination.
  • Hubert FAYARD, président du Centre des Indépendants des Bouches-du-Rhône (CNIP) et conseiller municipal
  • Christiane PUJOL, conseillère départementale des Bouches-du-Rhône et cadre du mouvement Debout la France (DLF)
  • Christian BORELLI, conseiller national des Républicains (LR), conseiller municipal de Vitrolles
  • Marc PUJOL, assistant.

 

PERSONNALITÉS FRANÇAISES
S’ÉTANT RENDUS « A TITRE PRIVÉ »
DANS LE DONBASS OCCUPÉ
JANVIER 2016

Un soutien de Marine Le Pen, proche de Louis ALIOT et de Me Glibert COLLARD, s’est rendu dans le Donbass occupé afin d' »alerter la communauté internationale » et de « renvoyer le dossier juridique devant la Commission des droits de l’homme ».

  • Me Jean-Josy BOUSQUET, ancien bâtonnier de Béziers et président de l’association des avocats de la Ligue des Droits de l’Homme
  • Jacques CLOSTERMANN, président de Mon Pays la France, dissous fin 2016

 

Votes hostiles à l’Ukraine

EURODÉPUTÉS FRANÇAIS
AYANT VOTÉ CONTRE L’ASSOCIATION UE-UKRAINE
SEPTEMBRE 2014

La France a apporté plus d’un tiers de ses voix contre l’association UE-Ukraine, voté et ratifiée par le parlement de Strasbourg le 16 septembre 2014. Il s’agit du plus gros contingent d’europutins du continent: 23 d’extrême droite, 4 d’extrême gauche. Fin novembre, Mediapart révélait que le Front National bénéficiait d’un « prêt » de 9 millions accordé par une banque russe. Jean-Luc SCHAFFHAUSER ª aurait servi d’intermédiaire.

Extrême gauche :

  • Jean-Luc MÉLENCHON (FDG)
  • Marie-Christine VERGIAT (FDG)
  • Patrick LE HYARIC (FDG) directeur du journal L’Humanité
  • Younous OMARJEE (FDG?)

Extrême droite :

  • Aymeric CHAUPRADE (FN)
  • Bernard MONOT (FN)
  • Bruno GOLLNISCH (FN)
  • Dominique BILDE (FN)
  • Dominique MARTIN (FN)
  • Edouard FERRAND (FN)
  • Florian PHILIPPOT (FN)
  • Gilles LEBRETON (FN?)
  • Jean-François JALKH (FN)
  • Jean-Luc SCHAFFHAUSER (FN)
  • Jean-Marie LE PEN (FN)
  • Joëlle MÉLIN (FN)
  • Louis ALIOT (FN)
  • Marie-Christine ARNAUTU (FN)
  • Marie-Christine BOUTONNET (FN)
  • Marine LE PEN (FN)
  • Mireille D’ORNANO (FN)
  • Mylène TROSZCZYNSKI (FN)
  • Nicolas BAY (FN)
  • Philippe LOISEAU (FN)
  • Sophie MONTEL (FN)
  • Steeve BRIOIS (FN)
  • Sylvie GODDYN (FN)

La Grande-Bretagne (avec un tiers de ses eurodéputés) et la Grèce (la moitié) représentent avec la France les États les plus marqués par cette tendance. La plupart des anciens pays du bloc communiste ou annexés par l’URSS se sont montrés très favorables à l’Association. Mise à part la Tchéquie (un quart de ses députés ont voté contre, soit 5 voix) et dans une moindre mesure la Pologne (4 ) ainsi que la Hongrie (2). L’Allemagne, plus forte représentation à Strasbourg avec 96 députés, n’a exprimé que 10 votes défavorables.

 

PARLEMENTAIRES FRANÇAIS
AYANT VOTÉ CONTRE LES OTAGES UKRAINIENS
SEPTEMBRE 2015

10 Septembre 2015, Parlement européen. La France apporte 22 de ses voix contre une résolution condamnant la détention illégale et les tortures infligées aux prisonniers (otages) ukrainiens détenus par Moscou, dont Oleg SENTSOV. La résolution lancée à l’initiative du PPE est tout de même passée par 378 votes pour, 111 contre et 138 abstentions. Parmi les 111, il y avait la cohorte habituelle des eurosceptiques et russoconfiants, pour la plupart du FN en ce qui concerne la France. Mais, nouveauté, cette fois des égarés du PPE leur avaient emboîté le pas – dont le génie fait femme, Nadine MORANO.

ENF (Europe des Nations et Liberté, tous FN) :

  • ALIOT
  • BAY
  • BOUTONNET
  • BRIOIS
  • D’ORNANO
  • FERRAND
  • GODDYN
  • JALKH
  • LEBRETON
  • LE PEN MARINE
  • LOISEAU
  • MARTIN DOMINIQUE
  • MELIN
  • MONOT
  • MONTEL
  • PHILIPPOT
  • SCHAFFHAUSER
  • TROSZCZYNSKI

NI: (Non-Inscrits) :

  • Bruno GOLLNISCH (ex-FN)

PPE (Parti populaire européen) :

  • Nadine MORANO

EFDD (Europe de la liberté et de la démocratie directe) :

  • Joëlle BERGERON (ex-FN)

GUE/NGL (Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique) :

  • Younous OMARJEE

 

 

DÉPUTÉS FRANÇAIS
AYANT VOTÉ CONTRE LES « SANCTIONS »
AVRIL 2016

Le 28 avril 2016, l’Assemblée Nationale adoptait une résolution invitant le Gouvernement à ne pas renouveler les mesures restrictives et les sanctions économiques imposées par l’Union européenne à la Fédération de Russie. Par 55 voix contre 44, l’opposition menée par le groupe LR marquait ouvertement son soutien à Moscou.

Les Républicains :

  • Damien ABAD
  • Elie ABOUD
  • Bernard ACCOYER
  • Yves ALBARELLO
  • Xavier BRETON
  • Guillaume CHEVROLLIER
  • Alain CHRÉTIEN
  • Philippe COCHET
  • Nicolas DHUICQ ª
  • Sophie DION
  • Georges FENECH
  • François FILLON
  • Yves FROMION
  • Sauveur GANDOLFI-SCHEIT ª
  • Guy GEOFFROY
  • Claude GOASGUEN ª
  • Arlette GROSSKOST
  • Serge GROUARD
  • Patrick HETZEL
  • Christian JACOB
  • Valérie LACROUTE
  • Jacques LAMBLIN
  • Guillaume LARRIVÉ
  • Marc LE FUR
  • Pierre LELLOUCHE
  • Gilles LURTON
  • Thierry MARIANI ª
  • Alain MARLEIX
  • Olivier MARLEIX
  • Alain MARSAUD
  • Gérard MENUEL
  • Philippe MEUNIER
  • Jean-Claude MIGNON
  • Pierre MOREL-A-L’HUISSIER
  • Jacques MYARD ª
  • Jean-Frédéric POISSON
  • Axel PONIATOWSKI
  • Josette PONS
  • Sophie ROHFRITSCH
  • François SCELLIER
  • Michel TERROT
  • Pascal THÉVENOT
  • Patrice VERCHÈRE ª
  • Michel VOISIN
  • Jean-Luc WARSMANN

Parti Socialiste :

  • Marie-Françoise BECHTEL
  • Jean-Paul DUPRÉ

UDI :

  • François ROCHEBLOINE
  • Maina SAGE
  • André SANTINI

Radicaux

  • Jérôme LAMBERT ª (ex-PS)

Gauche démocrate et républicaine (ex-PCF)

  • François ASENSI

Non-inscrits

  • Gilbert COLLARD (proche FN)
  • Jean-Christophe FROMANTIN (proche LR)
  • Marion MARÉCHAL-LE PEN (FN)

Divers

PERSONNALITÉS POLITIQUES
S’ETANT DÉCLARÉES FAVORABLES A LA VENTE
DES NAVIRES MISTRAL A LA RUSSIE
MARS 2014 – AOÛT 2015

Suite à l’annexion de la Crimée, la France suspendait sa coopération militaire avec la Russie le 21 mars 2014. Mais les Mistral, navires d’assaut très performants, étaient toujours en vente malgré les condamnations de la politique russe en Ukraine. Le 8 mai 2014, Victoria NULAND (secrétaire d’Etat adjointe Europe) mettait en garde la France contre la vente des Mistral à la Russie. Laurent FABIUS qui avait critiqué cette vente le 28 mars en tant que ministre des Affaires Etrangères, s’était entre-temps ravisé… S’ouvrait dès lors une longue période d’incertitude durant laquelle la collaboration française eut largement le temps de marquer ses positions. Voici une liste (non-exhaustive) de personnalités ayant soutenu la vente après l’annexion.

  • Jean-Christophe CAMBADELIS (premier secrétaire du PS)
  • Xavier BERTRAND (secrétaire général de l’UMP)
  • Marine LE PEN (présidente du FN)
  • Florian PHILIPPOT (vice-président du FN)
  • Thierry MARIANI ª (ancien ministre, député, vice-président de l’UMP)
  • Jean-Pierre CHEVENEMENT (cofondateur du PS, sénateur, ancien ministre de la défense, Vice-président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées)
  • Hubert VEDRINE (socialiste, ancien ministre des Affaires étrangères)
  • Philippe DE VILLIERS (Président du Mouvement Pour la France)
  • Claude GOASGUEN ª (ancien ministre, député-maire UMP du XVIe arrondissement de Paris).
  • François BAYROU (maire de Pau, fondateur du MoDem)
  • Philippe FOLLIOT (Député UDI du Tarn, Secrétaire de la commission de la défense)
  • Henri GUAINO, député UMP des Yvelines, ancien conseiller spécial de Sarkozy à l’Elysée
  • Nicolas DUPONT-AIGNAN (député Debout la République, Essone)
  • Jean-Luc MELENCHON (Parti de Gauche)
  • Christian ESTROSI (UMP, ancien ministre, maire de Nice)
  • Nicolas SARKOZY (UMP, ancien président de la République à l’origine du projet)
  • Nadine MORANO (Eurodéputée LR)

 

DÉPUTÉS FRANÇAIS MIS EN EXAMEN
PAR LA JUSTICE UKRAINIENNE
OCTOBRE 2015

Dix députés français ont été mis en examen par le Parquet général d’Ukraine pour : séjour illégal en Crimée annexée par la Russie. La notification fut remise en mains propres à Marie-Christine DALLOZ ª. Immunité oblige, il n’y aura sans doute pas suite.4 Thierry MARIANI ª s’est alors répandu en insultes via la presse russe, qualifiant l’acte judiciaire remis par les députés ukrainiens de méthodes de voyous. Et l’europutin d’ajouter quelles violaient toutes les règles diplomatiques. C’est pourtant ces mêmes règles que le député des Français de l’étranger avait choisi de violer en personne; et c’est cette même violation qui motive la décision du parquet ukrainien.5

  • Thierry MARIANI ª (UMP, député des Français de l’étranger, vice-président de l’UMP)
  • Yves POZZO DI BORGO ª (UDI, sénateur de Paris, vice-président de la Comm. des Affaires étrangères et de la Défense)
  • Nicolas DHUICQ ª (UMP, Aube)
  • Claude GOASGUEN ª (UMP, Paris)
  • Jérôme LAMBERT ª (PS, Charente)
  • Jacques MYARD ª (UMP, Yvelines, membre de la comm. des Affaires étrangères)
  • Marie-Christine DALLOZ (UMP, Jura)
  • Yannick MOREAU ª (UMP, Vendée)
  • Sauveur GANDOLFI-SCHEIT ª (UMP, Haute-Corse)
  • Patrice VERCHERE ª (UMP, Rhône)

 

FRANÇAIS DÉCLARÉS
« PERSONA NON GRATA »
EN UKRAINE
AOÛT 2015
  • Gérard DEPARDIEU, acteur de génie, exilé fiscal, interdit de séjour pour avoir déclaré en août 2014 que la Crimée était russe. Citoyen russe depuis 2013.
  • Fabrice BEAUR, membre du PCN national-bolchevique (en réalité pro-Kremlin et bachariste) ainsi que de l’EODE (Eurasian Observatory for Democracy & Elections), interdit de séjour pour avoir participé en tant qu' »observateur » aux « éléctions » du Donbass occupé en novembre 2014. Réside en Russie.

 

 

Idée numéro 1 – L’annexion découle du « choix » naturel des habitants, de l’Histoire elle-même et de l’abandon de l’économie criméenne par l’Ukraine

Trois idées reçues à placer en priorité dans les interviews. Sauf que ce « choix » s’est fait sous la menace militaire, policière et administrative de l’État et des troupes spéciales russes; que l’histoire de la Crimée dite « russe » est celle d’autochtones décimés et génocidés au cours des deux derniers siècles, ce qui explique entre autres le soutien des Tatars criméens à l’Ukraine. Quant à l’abandon supposé, c’est oublier que les campagnes et les villages en Crimée sont tout aussi délabrées qu’en Russie, voire davantage, et que la Crimée détruite durant la Seconde Guerre mondiale fut « offerte » à l’Ukraine (elle-même ravagée) pour être reconstruite aux frais du « peuple-frère ». Non, les Russes ne font pas de cadeaux. Sauf aux députés amis et autres idiot utiles…

Mais ce genre de voyage est un classique des régimes dictatoriaux. Il s’agit de véhiculer quelques idées reçues, mais surtout de nier les graves atteintes au Droit, non seulement aux droit international, mais plus généralement aux libertés des individus et des peuples. Rappelons que les minorités tatares et ukrainiennes ont vu leurs langue, confession et culture progressivement tomber dans une situation de persécution, choses que les députés français n’ont pas cherché à voir et ne cherchent toujours pas à savoir. De retour en France, ils se sont contentés de répéter comme Leibnitz l’aurait fait à Voltaire : tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. En Crimée les gens sont heureux. Impossible par conséquent de contester la légitimité de l’occupation russe ou de l’annexion par referendum truqué. Non, nos députés avaient, disent-ils, rencontré en Crimée « beaucoup de personnes satisfaites » par l’annexion et que cela devait suffir à leur examen des choses. (Le mot annexion étant bien sûr systématiquement évité, tout comme l’implication des troupes et des services russes dans le Donbass, lequel se trouve toujours à feu et à sang…)

Cette guerre dans le Donbass est du reste invoquée par la délégation elle-même, mais en l’espèce, comme une justification à l’intervention russe dans la presqu’île; comme si Poutine au moment de la Révolution ukrainienne avait été l’homme de l’ordre et de la justice, en un mot : le « sauveur » du peuple russe en Crimée, pauvre population sans défense que menaçaient les fascistes ukrainiens payés par l’oncle Sam! Depuis les accords de Minsk en automne 2014, cette guerre hybride et artificielle comme peuvent l’être lesdits « fascistes » eux-mêmes, est en réalité une agression caractérisée menée par la Russie contre l’Ukraine. Elle n’intéresse même plus les médias français. Ni la question de la fameuse Novorossia, entité prévue de longue date avant les événements de l’hiver 2013 par un plan de partition de l’est et du sud de l’Ukraine, plan heureusement déjoué grâce au courage des volontaires ukrainiens.

Les grandes chaînes n’ont pas vraiment couvert l’événement. Que des opposants à l’occupation russe aient été amenés de force en Russie pour y être « jugés » comme au temps des procès staliniens, ne les dérange pas davantage, et nos chers représentants-du-peuple-français-en-mal-de-vérité n’ont donc pas eu à les commenter. Bien que le cinéaste criméen Oleg Sentsov, pour ne citer que son cas, vienne d’être condamné à 20 ans de bagne pour « terrorisme », aucun député dans la liste ci-dessus ne s’en est encore ému. Même un Claude Goasguen, ancien ministre et député du XVIe, qui en 2006 encore reconnaissait l’implication de Moscou dans les affaires ukrainiennes, fut du voyage parlementaire en Crimée. En 2006, il s’était dit plongé dans la plus grande stupeur après la chute du gouvernement Tymoshenko et le retour de Yanoukovitch, marionnette du Kremlin. Sur son blogue, le député-maire concluait: L’Ukraine est un pays qui se n’est pas encore dégagé de l’influence de son puissant voisin russe.

Que s’est-il passé entre-temps ? Et pourquoi tant de députés ferment-ils les yeux sur les crimes de la Russie au nom d’une chimérique alliance? Complicité 100% franco-russe et injustice manifeste dont tôt ou tard ils devront répondre. Qu’on s’en souvienne !

 


  1. Liste non-exhaustive :

    – Autriche : Ewald STADLER (FPÖ) « nationaliste » autrichien germanophile, a aussi « visité » la DNR (« exploit » absent de sa page wiki en allemand)
    – Italie : Matteo SALVINI (Lega Nord), Valerio CIGNETTI (MSFT), Roberto CIAMBETTI (Lega Veneta, Lega Nord), Stefano VALDEGAMBERI (Lega Nord)
    – Lettonie : Tatjana ŽDANOKA (une russkomirienne pour les « droits de l’homme »! )
    – Hongrie : Béla KOVÁCS (Jobbik )
    – Belgique : Frank CREYELMAN (Vlaams Belang)
    – Bulgarie : Kiril KOLEV (Ataka)
    – Grèce : Charalambos ANGURAKIS (PC grec), Sotirios ZARIANOPOULOS (PC grec)
    – Allemagne : Hikmat AL-SABTY (turc?), Torsten KOPLIN (Collaborateur officieux de la DDR !), Andreas MAURER (allemand de Lettonie!), Dimitri REMPEL (Einheit), Marcus PRETZELL (AfD)
    – Pologne : Mateusz PISKORSKI (Samooborona)

    Plus de détails sur cette page en ukrainien. 

  2. Voir Marine est au courant de tout… de Marine TURCHI et Mathias DESTAL, ch. XVI. Flammarion, 2017. 

  3. Intermédiaire lors du prêt de 9 millions d’euros entre la banque russe FCRB et le parti de Marine Le Pen. 

  4. Cette signification a été remise à Mme DALLOZ ª par ses collègues de la délégation ukrainienne, Volodymyr ARIEV, du Bloc Porochenko, et Grégoire LOHVYNSKY. 

  5. Au lendemain de la signification, Nadine MORANO, en voyage à Moscou avec ses collègues du Parlement européen, déclarait ne pas vouloir se rendre en Crimée. Dans son groupe de soutien parlementaire « pour le dialogue » se trouvaient 15 députés européens (sur 751) dont Elisabetta GARDINI de « Forza Italia » ainsi que d’autres europutins italiens, allemands, britanniques et portugais. Le mois précédant, Silvio BERLUSCONI était lui aussi venu en Crimée occupée. Il est désormais interdit de séjour en Ukraine. 

L’Après-Maïdan vu de l’intérieur: la grosse allemande et l’indic unijambiste

Parmi les changements survenus sur le Maïdan depuis la chute du régime Yanoukovitch, c'est l'affaiblissement du soutien populaire et la baisse du niveau socioculturel qui sautent le plus aux yeux. Ce dernier serait aujourd'hui plus proche du niveau moyen ukrainien que du niveau moyen de la capitale. Les files de voitures qui naguère apportaient du bois de chauffe et de vieux pneus ont aujourd'hui disparu.

 

« Si nous sommes ici, c’est par et pour nous-mêmes » – affirment en russe comme en ukrainien, des dizaines de personnes. À présent, le nombre de maïdanistes résidant de manière permanente sur la place tourne aux alentours de 2.000 à 3.000 personnes. Près d’un millier d’activistes de différentes sotnias1 vivent sous des tentes. Plusieurs centaines d’entre eux résident dans la Maison de l’Ukraine, située sur la place de l’Europe; tandis que l’Hôtel de ville (KMDA), peu à peu délaissé pour l’hôtel Kozatsky, en abrite un demi-millier.

Plusieurs activistes demeurent toujours au Palais d’Octobre (un imposant centre culturel), ainsi qu’au Conservatoire, au Département d’architecture, au Conseil national de l’audiovisuel, dans les bureaux de la Poste centrale, dans les locaux de Kïvstar2, ou ceux de Bosco Sports3 et autres boutiques de moindre taille. Le siège du Parti communiste d’Ukraine, occupé par des anticommunistes, forme une sorte d’« annexe » du Maïdan.

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  1. Ou compagnies: l’organisation du Maïdan est paramilitaire. La sotnia était une centurie (unité) de cent cosaques. 

  2. Opérateur téléphonique boycotté par les manifestants. 

  3. Sorte de Décathlon russe. 

La Crimée sans l’Ukraine (du point de vue économique)

D'un point de vue économique, l'occupation de la Crimée créera plus de dommages à la péninsule que sa perte n'en créera à l'Ukraine. L’État ukrainien sera surtout perdant en terme d'image. Sa production gazière sera amoindrie et les entreprises ukrainiennes ainsi que les citoyens d'Ukraine en Crimée rencontreront nombre de difficultés.

L’autonomie criméenne pourrait se résumer à cela : 4% de la population nationale produisant à peine 1,5% des richesses de l’Ukraine. La Crimée produit moins d’un quart de ses besoins en eau et en énergie. Ses stations balnéaires sont à peine excédentaires, et ses installations portuaires ne représentent que 12% du commerce maritime ukrainien. Seuls le secteur de la pêche (50% de la production ukrainienne) ainsi que la viticulture et le maraîchage constituent une perte sensible pour l’Ukraine.

Trois quarts du tourisme reposent sur les Ukrainiens, contre moins d’un quart sur les touristes russes. De plus, l’économie criméenne s’avère structurellement dépendante de l’Ukraine, sans qu’il n’y ait réciprocité pour autant. On ne sait encore à quel prix la Crimée achètera son eau et son électricité. Mais elle est déjà perdante, ne serait-ce qu’à cause des taux de change entre monnaies russe et ukrainienne. « Il risque même d’y avoir pénurie alimentaire, on ne sait pas encore ce qu’il en est sera de la logistique», explique un expert ukrainien1.

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  1. Vasyl Povoroznyk, directeur du bureau économique à l’ICPS  

La Crimée, le Gotland des Russes ?

Malgré leur intérêt soudain pour la péninsule ukrainienne, les médias français et occidentaux parlent assez peu des Tatars de Crimée. Dans cet extrait tiré d'un ouvrage de Neal Ascherson ("The Black Sea", 1995) leur histoire tragique est retracée dans les grandes lignes. On y apprend comment les nazis, à l'instar des Russes, ont voulu coloniser l'ancien royaume des Goths...

 

Le gotique [sans h], langue des Goths, ainsi que le grec et l’hébreu, était l’une des langues encore parlées en Crimée au début de l’ère moderne ; ce fut également une langue littéraire. Au IVe s. l’évêque Ulfilas traduisit partiellement la Bible en gotique occidental pour les Wisigoths. En Crimée, le gotique survécut même à l’extinction du dialecte occidental. En 1562, le diplomate Flamand Ogier Ghislain de Busbecq, célèbre ambassadeur du Saint-Empire en Turquie à qui l’Europe doit ses premiers bulbes de tulipes, rassemblait un lexique de 96 termes et phrases en langue gotique rapportés à Constantinople par des Criméens. Le dernier locuteur de cette langue disparut probablement au XVIIe s.

La forteresse de Mangoup-Kalé1 et « la question des Goths de Crimée » ont fait couler beaucoup d’encre, bien qu’en réalité il n’y eut jamais de « question » à proprement parler, mais une récurrente et frauduleuse tentative de considérer, à des fins politiques, la société antique selon les critères ethniques contemporains. Des fouilles eurent lieu sur les hauteurs de Mangoup au XIXe s. Des antiquaires, tels Ouvarov, Brun et Lepier exposèrent leurs théories. Les savants allemands, emballés par l’ethnicité allemande des Goths, voulurent trouver en Crimée les vestiges de l’État teuton, peuple dominateur qui construisait des ponts de pierre. Cependant, les témoignages rassemblés se révélèrent indigents. Le fantasme d’une Crimée « proto-allemande », dont la civilisation teutonne et urbanisée aurait été l’héritière de Rome après sa chute, fut par la suite rejeté par l’ensemble de la communauté scientifique.

Les nazis reprirent l’idée initiale, mais cette fois en lui donnant une portée politique. Leur prétendue histoire allemande incluait la Crimée, qui devait être à nouveau soumise et un État goth restauré. Débarrassée des Tatars, des Juifs et des Russes (esclaves mis à part), la péninsule devait accueillir les premières vagues de colons allemands. Sébastopol porterait le nom de Theodorichafen2; Simferopol – Gotenberg, et la Crimée serait rebaptisée “Gotland”.

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  1. Forteresse gothe fondée au IIIe s. non loin de Sébastopol.  

  2. En hommage à Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths, restaurateur de l’empire romain sur ses terres et grand rival de Clovis, mais sans rapport direct avec les Goths de Crimée qui ne le suivirent jamais dans ses conquêtes.  

Le syndrome « Maïdan Wars Z » et la Putin-TV

En Crimée, comme un peu partout en Ukraine et surtout en Russie continentale, sévit un fléau qu'on pourrait qualifier d'épidémie zombifiante. L'endoctrinement de masse et le lavage de cerveau par les ondes s'attaquent aux plus faibles, mais atteignent tout aussi bien ceux qu'on aurait pu croire immuns.

C’est tout l’inverse du Maïdan, qui a réanimé l’Ukraine et l’esprit de liberté dans ce qu’on pensait être le corps mort électoral de l’Ukraine : l’est russifié1. La charge moscovite qui a suivi n’a fait qu’étendre ce réveil, tandis qu’aux confins du monde ukrainien, la foule qui s’est mise à scander en russe toutes les âneries de la Guerre froide me fait penser à des morts-vivants. C’est le syndrome de Maïdan Wars Z.

Les symptômes ? Fièvre coloniale et nostalgie maladive du passé soviétique. Hystérie anti-occidentale, stalinisme latent ou déclaré. L’entendement du Russe moyen sombre alors dans une totale apathie, ou a contrario, se montre extrêmement réactif à certaines combinaisons aberrantes, comme celle-ci, au hasard… Ukraine + Démocratie = Fascisme, ou encore celle-là : Ukraine + Indépendance = complot de la CIA. Des spécialistes affirment, qu’en somme, ce tour de force médiatique n’a rien d’extraordinaire, qu’il repose sur des peurs et des phobies plus anciennes, – comme dans le cas des Juifs et des Allemands sous l’action de la Propagandastaffel par exemple – car il est finalement aisé de mettre en branle les forces irrationnelles de l’âme russe, cette grande enfant…

On oublie pourtant l’essentiel : depuis quand les Russes craignent-ils les Ukrainiens ? Ceux-ci ne présentent aucune menace, ni à l’intérieur, ni à l’extérieur. Ils n’ont absolument aucun pouvoir, aucune force ni aucune influence sur la politique russe. En Ukraine, la langue russe domine, écrite-jurée-parlée… et les citoyens, de toutes origines et de toutes croyances ont chassé un assassin, voleur et traître sans jamais s’en prendre à des civils, qu’ils fussent russophones ou non ; ils les ont au contraire invités à rejoindre la révolution. Alors de quelles persécutions souffrent donc les Russes exactement ? Read More


  1. Fait confirmé par les résultats électoraux du 25 mai 2014: dans la région de KHARKIW, son fief, le « candidat de l’est » Mikhaïl Dobkine est battu par le « candidat de l’Ukraine une et indivisible », Pierre Porochenko, qui l’emporte partout ailleurs dès le premier tour dans l’est et surtout le sud.