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    Le légendaire journaliste russe Alexandre Nevzorov explique pourquoi Russes et Ukrainiens ne sont pas des peuples frères et pourquoi le « monde russe » n’est pas constructible.
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    ‒ un Holocauste ukrainien?
    En 1932 et 1933, des millions d’ukrainiens furent intentionnellement affamés. Avec des pertes comparables à celles de la première guerre mondiale, la guerre paysanne menée par le régime russo-communiste en Ukraine apparaît comme l’une des plus vastes hécatombes de l’histoire universelle.
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    Les Français voient-ils enfin une différence entre Russes et Ukrainiens ?
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L’infantilisme
du monde russe

Sur son blogue, Arkady Babtchenko, un ancien de Tchétchénie devenu journaliste, auteur et correspondant de guerre, fustige la société russe infantilisée par la télévision. L’ex-officier russe voit dans cette médiocrité télévisuelle l’origine de la guerre d’agression menée par Poutine contre l’Ukraine. Et plus que la propagande elle-même, un terreau prédisposant les Russes à suivre en masse l’idéologie mondorussienne.

Du russe par NSM

 

Sion me demandait de définir ce qu’est le Rousski Mir (Monde russe) en un seul mot, je répondrais sans hésiter: infantilisme. C’est la notion qui décrit le mieux l’état de la société russe d’aujourd’hui. Par infantilisme j’entends tout d’abord l’inaptitude à répondre de ses actes. L’inaptitude à établir les relations de cause à effet; à comprendre que tels ou tels actes entraîneront telles ou telles conséquences. (…)

Mais là où ça devient intéressant, c’est que cet infantilisme de masse est loin d’être un phénomène limité à certaines catégories. Dans le cas d’alcooliques congénitaux, avoir des synapses et des neurones de dégénérés après tout l’éthanol absorbé de génération en génération est une chose qui va de soi. Avec ceux-là, tout est clair. Une absolue, invétérée et fixée par des générations primaire stupidité. Rien sur quoi une personnalité adulte pourrait s’appuyer pour se développer. Jusqu’ici, ça va, tout est clair.

Seulement voilà, l’infantilisme a gagné toute la société, de son sommet jusqu’à sa base, et ce, indépendamment du statut, de la fortune, ou de la « caste » – voilà ce qui cloche ! (…)

Diffuser des spots sur le petit garçon crucifié de Sloviansk1. Y croire. (…) Faire des exposés sur l’euro-fascisme, le bandéro-fascisme, le turco-fascisme, le libéral-fascisme. Aller tuer des « bandéros »2 parce qu’ils bannissent le russe. En faire des émissions de télé. (…) Chasser des universités les étudiants turcs. Licencier un professeur pour un article. Soutenir la primauté du droit russe sur le droit international. Et ensuite assigner la Turquie en justice. Verser dans le dithyrambe en s’adressant aux hommes du pouvoir…

Chez l’adulte, il existe une notion appelée dignité. C’est une notion absolument non matérielle. Qui ne « rapporte » pas, alors que l’enfant est prêt à s’abaisser pour un bonbon. Sa personnalité, socle sur laquelle doit se constituer son sens de la dignité, n’existe pas encore. Un individu adulte, dont la personnalité est déjà formée et consciente d’elle-même, ne va pas faire le zouave pour le simple appât du gain. Chez les personnalités solidement constituées, cette notion abstraite s’avère supérieure aux valeurs matérielles.

« One Soldier’s War in Chechnya » d’Arkady Babchenko

Ainsi, un adulte ne presserait pas des tonnes de tomates sous la chenille de son tracteur. Il ne monterait pas dans son bulldozer pour écraser des oies saisies dans un petit magasin de campagne…3 Tout simplement parce que c’est honteux. Encore une notion abstraite que le monde infantile ignore. Mais autant on peut comprendre qu’un enfant de trois ans ne puisse comprendre pourquoi toucher le soleil avec un lance-pierre est impossible; ou qu’un tâcheron ne puisse comprendre pourquoi écraser des tomates avec un tracteur, ce n’est pas bien; autant l’impossibilité d’expliquer à un professeur, à un médecin, ou à un ingénieur une règle élémentaire comme on ne prend pas à autrui ce qui ne nous appartient pas, a de quoi marquer.

Prenons un adulte. Intelligent, même. Mais dont une partie du cerveau, complètement bouffée par la télé jusqu’à l’infantilisme le plus absolu, empêche les impératifs moraux les plus basiques dans une société adulte d’atteindre la conscience. Toute conversation, toute discussion est alors impossible. On est en face d’un petit capricieux en pleine crise d’hystérie. « Et pourquoi tu as volé la Crimée au petit Pétia ? (Pierre Porochenko) Voler, c’est pas bien. Aller, rends-la. Les lois c’est fait pour qu’on les respecte. » Nan ! J’la rendrai pas ! C’est à moi ! C’est MA Crimée ! J’la rendrai pas ! C’est mon joujou ! Et c’est tout.

Aller se battre dans le Donbass pour payer un crédit n’est pas une conduite d’adulte. Renier son soldat de mari mort dans le Donbass contre une indemnité n’est pas une conduite d’adulte.4 Être officier des spetsnaz dans le GRU (!) et se rendre derrière les lignes ennemis pour bêler : non, c’est pas moi, je suis là à l’insu de mon plein gré, n’est pas une conduite d’adulte. Crier Vas-y, Poutine, envoie les troupes et par la suite s’étonner que l’Ukraine fasse donner l’artillerie n’est pas une conduite d’adulte.

Bon sang, mais à quoi bon continuer la liste, quand le chef suprême des armées en personne arrive à renier ses propres soldats en disant qu’ils n’y sont pas, et dans le même temps les envoie au feu sans écussons ni insignes, avec des avions sans cocardes… L’infantilisme élevé au rang de politique d’État. Sans doute un cas unique dans l’histoire.

L’adulte se distingue essentiellement par son aptitude à être responsable. Responsable d’autrui, responsable de son pays, mais surtout, responsable de ses propres actes. Même l’Union Soviétique le lui apprenait. Même le pays des soviets, qui opprimait la moindre manifestation d’individualité, enseignait qu’il fallait être droit, qu’il ne fallait pas mentir, mais répondre de ses actes. Le poutinisme est sans doute le premier régime de l’histoire dont l’idéologie officielle prône une conduite asociale. Et la quintessence en est, bien sûr, le Donbass. Une guerre qui ne souffre aucune concurrence, sauf peut-être celle du Congo, avec des garçons de 11 ans découpant des villageois à la machette.

Au référendum, on a voté dans l’espoir que Poutine nous prenne avec lui, comme il avait pris la Crimée, confie sur Radio Svoboda une réfugiée du Donbass, se retrouvant à Pskov, dans le nord de la Russie, et sur le point d’être expulsée de son hôtel. Mais… bordel de Dieu… j’ai lu cette phrase il y a quelques jours déjà, et je ne sais toujours pas par quel bout la prendre. Parce qu’on voulait que Poutine nous prenne avec lui : c’est du point de vue de l’adulte une phrase totalement dépourvue de bon sens. Une simple suite de mots sans contenu rationnel.

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Russe ressentiment (II)

Seconde et dernière partie de l’article de Serge Medvedev publié dans les Annales de la Patrie. Comment, dans la Russie « humiliée » par l’Occident, le Kremlin manipule la vox populi pour fabriquer des ennemis en général, et le « fascisme ukrainien » en particulier. Voilà en substance la teneur de cet article, un des rares en Russie à refléter lucidement la situation du pays. D’autres seront encore traduits dans notre série « Ressentiment » consacrée à l’un des aspects les plus manipulatoires du conflit russo-ukrainien.

Du russe par NSM et Anna Khartchenko

Ressentiment poutinien

La Russie des années 2000 est un clair exemple de ressentiment appliqué à la conduite de l’État. Un des plus grands mythes de l’ère poutinienne, activement diffusé dès les premiers mois de l’arrivée de Poutine au pouvoir, fut la théorie de la défaite : à commencer par les lamentations sur la plus grande catastrophe géopolitique du XXe s. que fut la chute de l’URSS, jusqu’au thème médiatiquement consacré des méchantes années 901. Mais pour les têtes bien faites, l’effondrement pacifique de l’Union soviétique (contrairement au cas explosif de la Yougoslavie) ne fut pas une défaite. Conservant l’essentiel de son territoire, sa population, son potentiel nucléaire et la main haute sur l’héritage de l’Urss tout en étant délestée du ballast de l’empire, la Russie avait une chance de réaliser sa transition postindustrielle et rejoindre le « milliard d’or » du Nord globalisé.2

Une chance que sut saisir la partie la plus entreprenante de la population, y compris l’élite au pouvoir et le président Poutine en personne. La Russie des années 2000, sortie de la crise de 1998 et surfant sur la vague du rouble en baisse et des cours pétroliers en hausse, se redressait sans plus fléchir, doublait son PIB, entrait dans l’OMC, participait avec les USA à la lutte antiterroriste, et pouvait dans le même temps propager à des fins de propagande interne le mythe de l’affront géopolitique, de l’humiliation et du pillage de la Russie par le libéralisme mondial et ses hommes liges, Yeltsine, Gaïdare et Tchoubaïs.

L’idée de défaite et le sentiment d’offense collés sur le dos des réformateurs et du monde alentour étaient bien commodes pour justifier l’immobilisme et le parasitisme de l’ère Poutine, qui d’ailleurs s’accordaient parfaitement avec la profonde prédisposition des Russes pour le ressentiment. Comme l’a fait remarquer Mikhaïl Yampolski3, professeur de littérature comparée à New York, toute la société russe, de Poutine au dernier des lampistes, porte à parts égales ce ressentiment. Ce dernier, dans le cas de Poutine et de la Russie, était né de ce que l’arène internationale ne les reconnaisse pas en tant qu’acteurs égaux en dignité ; et dans le cas du lampiste, de son impuissance face aux policiers, bureaucrates, magistrats et autres bandits. (…) Curieusement, les fantasmes ressentimentaux des gouvernants étaient entrés en résonance avec ceux des gouvernés.

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Russe ressentiment (I)

Un article de Serge Medvedev publié en juin 2015 dans les Annales de la Patrie, revue littéraire reprenant le titre d’un célèbre mensuel russe du XIXe siècle. Les nombreuses références à la littérature de cette époque n’y sont donc pas étrangères. L’auteur analyse la politique et la mentalité russes contemporaines à travers les archétypes dépeints jadis par Dostoïevski et Tourguéniev.
Dans cette première partie, l’analyse concerne plus particulièrement l’Ukraine, qui n’est pas qu’un « enjeu géopolitique » contrairement à ce qu’on cherche à nous expliquer à tout prix en France, mais bien une maladie russe.

Du russe par NSM et Anna Khartchenko

Ukrainomanie

Entre autres singulières métamorphoses de la conscience collective russe apparues en 2014: une fixation pathologique sur l’Ukraine. Le Russe moyen sait tout désormais des chocolateries de Porochenko, des cartes de visite de Yarosh1, des actifs de Kolomoïski2, des tresses de Tymoshenko ; il est devenu incollable sur la géographie du pays voisin et se tient informé des résultats électoraux au Parlement ukrainien bien plus qu’à celles de la Douma ou de sa propre région ; il peut ainsi durant des heures gloser au sujet des Ukres identitaires et bandérotortionnaires.3 De nombreux témoignages font état de téléspectateurs d’âge mûr et moyen s’émouvant de l’actualité ukrainienne au point de vociférer aux quatre coins de leur salon des insultes à l’adresse des ukrofascistes. On peut donc parler d’une « manie de l’Ukraine », psychose de masse foncièrement inhérente à la propagande russe télévisée. L’Ukraine est devenue le champ de manœuvre mental de la conscience postsoviétique à l’intérieur duquel s’élaborent un discours de haine, une fabrication de l’Autre et des techniques d’embrigadement menées à grande échelle.

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Le linceul du « monde russe »
sera orné de
broderies ukrainiennes

Dans une interview d’Unian, le légendaire journaliste russe Alexandre Nevzorov explique pourquoi Russes et Ukrainiens ne sont pas des peuples frères et pourquoi le « monde russe » n’est pas constructible.
Alexandre Glebovitch Nevzorov était l’un des journalistes russes les plus en vue à la fin des années 1990. Son émission 600 Secondes rassemblait des millions de téléspectateurs. L’homme avait « pris part » à pratiquement tous les conflits postsoviétiques au nom des « intérêts de l’empire », selon sa propre formule. Aujourd’hui, c’est l’un des rares en Russie à nommer les « maquisards » du Donbass de leurs vrais noms : malfrats et terroristes.

Dans cette interview, le journaliste russe1 se penche sur la question du « monde russe »2 dont il juge l’avènement impossible et nous explique pourquoi la Russie tôt ou tard livrera elle-même à l’Ukraine les boïeviks (combattants hors la loi) du Donbass. D’après lui, Poutine n’aura aucun mal à trouver un quelconque prétexte pour plaquer le Donbass et définitivement enterrer le mythe de la « Novorossia ».3 Mais quoi qu’il arrive, ajoute Nevzorov, cette tentative de reconstituer l’empire, les Russes la paieront très cher.

 

Traduit du russe par NSM et Anna Khartchenko

– Alexandre Glebovitch, comment votre façon de voir a-t-elle pu changer aussi radicalement, vous qui au début des années 90 défendiez activement l’unité de l’Union soviétique, en allant vous battre en Transinistrie, au Nagorny Karabakh et dans les autres points « chauds » où la Fédération de Russie était directement impliquée, et qu’à présent vous refusez catégoriquement de soutenir les boïeviks des régions de Louhansk et de Donetsk ?

A chaque fois qu’on me pose cette question (et on me la pose souvent), je réponds en m’appuyant sur une kyrielle d’exemples. A commencer par celui de Max Planсk, qui avait espéré démonter la théorie du corps noir et tenté de prouver l’inanité du facteur atomique en réfutant bec et ongles la théorie de l’atome, et qui pourtant devait devenir quelques années plus tard un des plus illustres représentants de la physique quantique. Il est un grand nombre de gens qui, dans des questions beaucoup plus sérieuses que la politique, ont changé d’avis sous l’influence de faits incontestables, de nouvelles informations, d’une nouvelle ère scientifique. Prenez le grand géologue Charles Lyell : il mit du temps avant de reconnaître la théorie selon laquelle des icebergs avaient pu déposer de grosses roches à de longues distances, mais en toute honnêteté, il finit lui-même par reconnaître au bout de la sixième édition de son œuvre qu’il s’était trompé.

nevzorov kitsiaPour ce qui est de l’empire, mon point de vue est assez particulier, sans doute plus que chez n’importe qui d’autre. Oui, j’ai été un légionnaire de l’empire, j’ai été son dernier soldat, et à la différence de tous les nostalgiques d’aujourd’hui, j’ai défendu cet empire en me battant pour lui les armes à la main. J’ai tout fait pour qu’il refleurisse, mais avec l’âge et l’expérience j’ai fini par comprendre que rien n’était plus fragile et stupide que l’empire. Aujourd’hui sa chute en deux-trois mois ne présenterait aucun effort particulier. C’est une construction non viable. Dans la mesure où j’ai pris part à la chute de l’empire et à différents coups d’État, je sais avec quelles rapidité et quelle facilité cela peut être fait.

En fait, quand on parle de ce que fait la Russie en Ukraine, on comprend bien qu’à la place de l’Ukraine on aurait pu mettre n’importe quel pays. L’Ukraine rend l’erreur impérialiste de la Russie plus épicée, mais elle n’est qu’un des symptômes de son impérialose, et non un but en soi. Il fallait qu’elle pose sa botte sanglante quelque part, peu importe sur qui. Ça n’a pas marché en Ukraine.

A mon grand étonnement, l’Ukraine a démontré sa capacité à résister et obtenir d’éclatantes victoires. La Russie aurait fait la même chose ailleurs. Mais on constate que c’est en Ukraine que le « monde russe » s’est fracassé. Le linceul de l’idée russe sera d’abord orné de broderies ukrainiennes avant d’être couvert d’arabesques.

Les broderies ukrainiennes en seront le motif principal, parce que tout ce qui s’est passé au Donbass n’a été qu’une gangstérade ; il n’y a donc pas de cadres pour instaurer le « monde russe ». C’est un ramas de zonards, avec un certain contingent de sadiques criminels et crétins absolus. La Russie n’est plus en mesure de proposer de grandes vues historiques. Tous ces Guirkine, ces cosaques d’opérette, ces porte-flingues, petite frappes et terroristes, qui ont fait du Donbass un repaire terroristico-criminel sont tout ce qu’il reste de la Russie au XXIe siècle. Rien de plus.

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L’ukrainien
condamné à mort

Depuis sa naissance, la langue ukrainienne est la cible d’attentats divers. En particulier, une directive secrète émanant du tsar Alexis II apparaît de nos jours encore comme l’une des opérations anti-ukrainiennes les plus lourdes de menaces. Cet oukase fut signé à Bad-Ems, petite ville balnéaire de Rhénanie prisée de l’aristocratie tsariste. L’oukase d’Ems, ou « Emskyi ukaz » en ukrainien, condamnait la langue de Chevtchenko à mort…

L’Oukase d’Ems

C’est en 1876 sous le règne d’un Romanov à la réputation d’humaniste émérite – mais d’une humanité toute relative face aux problèmes nationaux – que l’ukrainien eut à subir une fois de plus les foudres de l’administration pétersbourgeoise. L’oukase officieux d’Alexandre II stipulait : qu’aucun ouvrage rédigé en dialecte petit-russien n’était autorisé à l’importation (sauf improbable autorisation de la censure); qu’aucun ouvrage en ukrainien ne devait désormais paraître en Russie, à l’exception des recueils de textes historiques (sans adopter l’orthographe ukrainienne moderne); ainsi que certains romans (sous réserve d’adopter l’orthographe russe). L’interdiction frappait également d’une manière irrévocable : toute traduction de livres russes vers l’ukrainien; toute représentation théâtrale; toute édition de partition musicale en ukrainien; toute déclamation et lecture publique.

Toutes les autres parutions devaient recevoir l’imprimatur du gouvernement. Une clause spéciale interdisait purement et simplement le journal des progressistes ukrainiens Kyïevsky Télégraf, tandis que la chaire d’ethnographie à l’université de Kiev était supprimée. Ces mesures infamantes pour le “Gorbatchev” de l’époque furent donc appliquées clandestinement, tout comme l’avait été la circulaire secrète de Valouïev émise sous le règne du même Alexis treize ans plus tôt et dans laquelle figure la fameuse formule selon laquelle la langue ukrainienne n’a jamais existé, n’existe pas et ne pourra jamais exister.

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L’ukrainien littéraire
‒ par Youri Shevelov

Un article de l’éminent linguiste et critique Youri Shevelov retraçant l’histoire de l’ukrainien littéraire et où l'on apprend  qu'il a été créé à l’origine par la poésie et pour la poésie...

Youri Shevelov, alias Youri Sherech, bien qu’issu d’une famille de monarchistes russes d’origine germanique, n’en fut pas moins, en Occident, un des linguistes les plus engagés dans la défense et l’illustration de la langue ukrainienne. Il avait prédit au milieu des années 1950 que le complexe d’infériorité culturelle et linguistique des Ukrainiens avait vocation à perdurer. Plus d’un demi-siècle plus tard, et malgré vingt ans d’Indépendance, les hypothèses du philologue tiennent toujours…1

 

Introduction

EEn supposant que les langues littéraires sont associées aux écrivains qui les ont créées et répandues, dans ce cas, le slavon qui fut la première langue littéraire des Slaves, est indissociable, en tant que compilation artificielle, de Constantin le Philosophe [plus connu sous le nom de saint Cyrille] et, en partie, de son frère Méthode; il en est de même pour l’ukrainien littéraire moderne, intimement lié au nom du grand poète ukrainien Taras Ševčenko [Taras Chevtchenko] et, en partie, à celui de son contemporain, Pan’ko Kuliš [Koulich]. L’activité de Ševčenko fut pourtant différente de celle de Constantin. Il s’agissait, pour ce dernier, de créer une langue originale, uniformisée sur la base de plusieurs dialectes de caractère plutôt primitif, instaurant, comme norme de cette langue nouvelle, le grec byzantin du IXe siècle parvenu à un haut degré de développement, mais étranger au slave. Pour sa part, Ševčenko dut travailler à l’unification et à l’harmonisation de reliquats et de styles disparates apparus dans la langue écrite au cours de périodes précédentes, dans le but de fonder, avec tout son talent, une synthèse linguistique nouvelle, qui serait à même de s’impo­ser.

Tel était le but fixé par les courants dominants de la période romantique [début du XIXe siècle]. Mais le principe-même de cette combinaison d’emprunts linguis­tiques dépassait largement l’imagination et les capacités des romantiques moins doués, bien que l’œuvre de Ševčenko et de Kuliš repose peut-être davantage sur un goût pour l’histoire de l’ukrainien littéraire2 que sur une réelle connais­sance de cette histoire. Bien entendu, ni Ševčenko ni Kuliš n’ont créé la langue commune sous tous ses aspects et dans tous ses genres. Ševčenko offre des modèles, des échantillons de langue poétique; Kuliš fait de même pour le roman et la prose historique. Ils n’ont fait qu’initier une démarche que les générations futures devaient parachever. Les circonstances politiques et culturelles ont entravé le développement linguistique, modifiant de mainte façon ce qui semble avoir été le dessein originel. Ce qui compte pourtant, c’est bien l’intention première, à savoir le fait que les principes d’un nouveau style littéraire, les bases d’une nouvelle tradition linguistique, ainsi que le respect – indispensable au succès d’une langue littéraire (a fortiori nouvelle) – aient été établis et uniformisés, même de façon rudimentaire, par Ševčenko et Kuliš.

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Holodomor
‒ un Holocauste ukrainien?

En 1932 et 1933, des millions d’ukrainiens furent intentionnellement affamés. Avec des pertes comparables à celles de la première guerre mondiale, la guerre paysanne menée par le régime russo-communiste en Ukraine apparaît comme l’une des plus vastes hécatombes de l’histoire universelle. Des villages entiers déportés, fusillés, et affamés jusqu’à ce que mort s’ensuive. De nombreuses connivences, surtout en France, au service des bourreaux… Voici en quelques mots la teneur de ce dossier, en témoignage d’un crime qui tait toujours son nom.

HOLODOMOR, UN CRIME PLANIFIÉ, ACCOMPLI ET PRESQUE « JUSTIFIÉ »

Les Français sont si mal informés !

De même qu’on dénombre « à cent millions près » les victimes de la faim dans le monde, de même, après des décennies de recherche, de censure et d’entraves de toute sorte, le sinistre inventaire de la Grande Famine de 1932 et 1933 en Ukraine semble toujours loin du solde. D’après les études récentes, on avance approximativement le chiffre de 6 à 7 millions de morts pour toute l’URSS, dont 4 à 6 millions en Ukraine soviétique : un taux de mortalité avoisinant les 15 % observés, en l’espace de quelques mois, sur l’une des terres les plus fécondes de la planète.

Mais à quoi bon mesurer avec précision ce que l’opinion ignore jusque dans ses plus élémentaires contours, et qui n’aurait sans doute pas eu lieu dans ces proportions si l’information essentielle, même erronée, avait suivi son cours ? Pourquoi ces chiffres sous-estimés ou distordus, et néanmoins vertigineux n’ont-ils soulevé aujourd’hui comme hier l’indignation des peuples ? Avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir, 1933 fut effectivement l’année noire que l’on sait, mais le fut-elle seulement pour cela ?

Si les dernières grandes famines françaises sont aujourd’hui dissoutes dans l’amnésie collective, voire scientifique, malgré les millions de victimes qu’elles firent au XVIIIe siècle, on peut dire que le « Français moyen » ne risque pas d’oublier celle qui frappa l’Ukraine en 1933, étant donné qu’il n’en a jamais rien su, – et qu’il n’en sait toujours rien, ou presque. Est-ce parce qu’il y eut dans l’Histoire plus de 400 grandes famines, ou parce que d’entre toutes c’est la seule qu’on ait su lui dissimuler ? Il y eut bien sûr des tentatives, des appels désespérés aux nations pour empêcher la catastrophe, mais, partout, l’idéologie ou la raison d’État l’emporta. Pour brouiller les pistes, on sema autour de ce désastre plus de questions que de réponses, et avec tant de maestria que l’érudite polémique dure toujours. Non que le débat actuel portât sur la réalité d’un crime qui n’est plus dissimulable, mais sur sa nature profonde, unique et imprescriptible. Qu’il soit celui d’un État contre une nation jugée rebelle, ou celui d’un parti contre une classe sociale, ce crime demeure à ce jour sans Nuremberg. Loin de le noter, nos manuels d’histoire n’y consacrent, au mieux, qu’un misérable paragraphe, qui enseigne d’une des plus graves catastrophes humaines qu’elle ne fut pas un crime contre l’humanité ni encore moins un génocide, mais une simple bavure du communisme. Autant dire, un détail.

La fillette n’a pas plus de huit ans et porte des guenilles laissant apparaître ses jambes décharnées, avec par endroits des œdèmes, premiers symptômes visibles de sous-alimentation aggravée. Kharkiv, 1933.

Le premier génocide perpétré en Europe au XXe s. demeure donc invisible ; au plus grand nombre, il va de soi, mais aussi aux yeux de « spécialistes » qui, pour étudier ce drame terrien, paraissent bien loin du sol… Car au-delà des chiffres, rares sont les auteurs qui savent en discerner la substance. Faut-il appeler des juristes à la rescousse ? Saisir la Cour européenne ? Faire voter l’Assemblée nationale comme ce fut le cas pour les Arméniens en 2001? Organiser un Tribunal pénal international comme celui de La Haye pour l’ex-Yougoslavie ? Ou les Ukrainiens n’appartiennent visiblement pas à l’histoire des Hommes ? Des années après la chute du communisme en Europe, certains soviétologues se demandent encore comment ce crime planifié, accompli, et presque « justifié » puisse encore inspirer le doute.

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Aux origines du livre ukrainien

Le premier livre jamais imprimé en cyrillique vit le jour grâce à des lettrés ruthènes et des imprimeurs allemands. C'est en Ukraine que  fut compilé le premier grand manuscrit ruthène et que fut imprimée la première Bible complète en cyrillique. Les premières illustrations et les premiers manuels du monde slave oriental virent le jour également en Ukraine. Une histoire injustement méconnue qui méritait bien un petit exposé.

ornement

Et le roi fit envoyer dans toutes les provinces des livres rédigés dans l’alphabet et dans la langue des peuples qui y vivaient. Ils disaient que tout homme doit être maître dans sa maison et y imposer l’usage de sa langue.

initialeIEV CAPITALE DE LA ROUS’ avait joué un rôle central dans l’essor de l’art et de la civilisation écrite des Ruthènes, ancêtres des Ukrainiens. Mais c’est à Lviv et dans l’ouest de l’Ukraine que le livre imprimé ukrainien plantera ses primes racines. Une exposition qui s’était justement tenue à Lviv il y a quelques années avait réveillé mon vieux penchant pour le livre ancien et les beaux caractères. Bien au-delà de l’esthétique encore imparfaite de ces ouvrages, c’était une passion pour l’Histoire et ses à-côtés, mais par-dessus tout une attention particulière pour la force et la vigueur d’un idéal. Partout la noble aventure de l’imprimerie aura été une guerre inégale contre l’arbitraire et l’ignorance. Elle pourrait enfermer autant d’épopées qu’une saga ou une longue geste guerrière avec sa part d’héroïsme, d’intrigues et de vilenies. Tout a changé de face dans l’univers depuis que la pensée s’est mise à circuler plus rapidement. J’en trésaille de reconnaissance pour les hommes qui fondirent, persévérants, les premiers poinçons, parfois taillés dans des langues rares et inconnues, et pour tous ceux qui dans les tourments diffusèrent et mirent à disposition de fortunes médiocres le savoir et la culture.

La France ne porte pas ces grands hommes dans les solennités nationales. Je crois même qu’il n’existe pas de bronzes éminents à leur effigie. Ironie de l’histoire, le pauvre Étienne Dolet fut brûlé par l’Inquisition et sa statue fondue sous l’Occupation. Une pensée émue pour l’ami de Rabelais m’occupe à chaque fois que je traverse la place Maubert, sans parler des autres promoteurs du français et de la Raison condamnés au bûcher sur leurs propres livres, ici même, dans ce paisible Quartier Latin qui de nos jours foisonne de librairies. Les choses ont été fort différentes en Ukraine. On n’est pas allé jusqu’à ces extrémités, mais les livres en cyrillique et à plus forte raison en ukrainien ne sont pas apparus comme une chose allant forcément de soi. Pour d’autres raisons – qui ne furent pas toujours anodines comme nous le verrons – certains imprimeurs y sont même fêtés en véritables héros. Mais après tout, c’est toujours mieux que de finir cendre éparse aux quatre vents !

L’exposition en question était organisée dans le cadre du « Printemps français » et portait sur une production liée à la France ou à la langue française. C’est que Lviv recèle en ce domaine d’inestimables trésors, notamment sortis de leurs matrices alsaciennes. Même si plus personne n’a le courage de lire ces livres, c’est bien là leur moindre défaut. Vénérables témoins de la naissance de l’imprimerie, certains remontent au cœur même de la « révolution du livre » née sur les bords du Rhin il y a plus de 500 ans.1 Il se dégage de ces vieux ouvrages comme une énergie secrète. Aux mains qui les façonnèrent, nous devons beaucoup plus que nous le pensons. Je m’étais dit alors qu’on pourrait avoir une exposition réciproque à Paris ou à Strasbourg, ville natale de l’imprimerie, ou à tout le moins en France où dorment oubliés quelques trésors slavons et ukrainiens… Mais avant de faire des plans sur la comète, contentons-nous d’une petite flâne en Ukraine et alentour, à la recherche des premiers pas de l’art typographique et plus spécialement de l’imprimerie slavonne qui précéda l’ukrainienne.

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Histoire du Maïdane

Voici trois ans finissait la Révolution de la Dignité. Récit complet avec résumé des précédents Maïdanes par Volodymyr Viatrovytch, témoin et acteur des événements.

 

La liberté passe par le Maïdane

 

Dans le passé, on ne parlait pas de l’Ukraine autant que l’auraient souhaité ses habitants. Par-delà ses confins, la plupart du temps on ignorait presque tout d’elle. Nul hasard à cela : les Ukrainiens n’avaient plus d’État, et ses voisins venus l’envahir redoublaient d’efforts pour imposer l’idée selon laquelle le peuple ukrainien n’avait jamais existé. La Moscovie voisine s’empara même du nom qu’avait jadis porté l’Ukraine : Rous’, ou Ruthénie, importante puissance au Moyen Âge.

Les tentatives de recouvrer l’État ukrainien s’étalèrent sur des siècles et malgré leurs échecs, force est de constater qu’elles jouèrent un rôle important dans la genèse des Ukrainiens en tant que communauté nationale. La lutte pour l’indépendance devint un mythe fondateur de la Nation. Ceux qui y participèrent furent célébrés comme des héros à travers les chansons populaires, et le désir de liberté devint en Ukraine le socle de l’esprit national.

Emprunté aux voisins du sud, le mot cosaque (homme libre dans les langues turciques) fut synonyme d’Ukrainien jusqu’au début du XXe siècle. Il devint enfin réalité avec le retour à l’Indépendance en 1991. Cet événement salué comme un triomphe arriva après un siècle couvert de malheurs pour les Ukrainiens : l’avènement puis la chute de la République populaire d’Ukraine (1917-1921), les terribles répressions staliniennes des années 1920 à 1950, dont un meurtre de masse par famine (l’Holodomor, génocide organisé par le pouvoir bolchevique en 1932-1933), la lutte acharnée contre deux totalitarismes, communiste et nazi durant la Seconde Guerre mondiale, et enfin, la résistance non violente des dissidents ukrainiens dans les années 60 à 80.

L’indépendance conquise par les Ukrainiens ne leur offrit guère ce « pays de rêve » qu’ils avaient appelé de leurs vœux. Bien au contraire, ce fut un piteux exemple d’État archi-corrompu au plus haut niveau. Les nouvelles élites politiques, composées le plus souvent d’anciens cadres communistes, s’étaient vite adaptées aux nouvelles conditions et les employaient à leur enrichissement personnel. En dépit du discours officiel sur l’édification du nouvel État, la plupart des citoyens s’éloignèrent peu à peu des leviers d’influence politique et les abandonnèrent aux oligarques, mariant richesse et pouvoir. La richesse étant source de pouvoir, et le pouvoir étant source de richesse.

Une situation qui s’avéra identique dans presque toutes les ex-républiques soviétiques. Mais l’Ukraine se distinguait par une volonté de changement portée par des citoyens plus motivés à combattre cet état de fait. C’est là qu’intervint une fois encore leur éternel désir de liberté. En 23 ans d’indépendance, il y eut toute une kyrielle de contestations, les plus importantes d’entre elles pouvant être considérées comme des révolutions. Grâce à ces actions, l’Ukraine rappelait régulièrement son existence au monde. Dans les médias, un autre vocable d’origine turcique apparut : maïdan. Le mot ne désigne rien d’autre qu’une « place », mais dans le contexte ukrainien, il gagna un tout autre sens.

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Les mots de la « crise »

Dans ce petit lexique de survie en milieu médiatique nous verrons à quel point le choix des mots forme à lui seul l’essentiel de la propagande franco-russe.

S’appuyant sur le vocabulaire plus que sur les faits, cette propagande pourrait être qualifiée de propagande essentiellement terminologique. Petit exercice dont le principal enjeu demeure la distribution des rôles : mauvais dans le cas des Ukrainiens, bon dans celui des Russes, et indépendant dans le cas des prétendus séparatistes. Parti de rien et n’ayant eu aucun précédent politique, le « conflit » secouant depuis maintenant trois ans une partie du Sud-est ukrainien, fut dès le début qualifié de « rébellion » en France, tandis que l’Ukraine parlait d’opération « anti-terroriste ». Le choix des termes pour désigner les parties adverses ne fut jamais anodin. Une petite explication de texte s’impose.

En fait de rébellion et d’autonomie pour les russophones, nous avons à faire au plus classique exemple de « guerre russe », tactique qu’on appelle parfois hybride dans les médias, mais qui avait déjà cours en 1917 et 1918. La Russie ne déclarait pas officiellement la guerre, mais envoyait des hommes et du matériel pour annexer l’Ukraine morceau par morceau. L’histoire se répète.

Cet annexionnisme anti-ukrainien, dont la principale feinte consiste à se faire passer pour un séparatisme autonomiste, qui plus est en vue d’une fédéralisation de l’Ukraine (!) n’est qu’un pur produit du Kremlin. Cette fausse semblance est surtout véhiculée dans les médias par l’emploi de la formule séparatistes russophones ou encore prorusses. Termes à éviter lorsqu’il est question d’annexionnistes anti-ukrainiens. Vu les méthodes employées, ces annexionnistes entrent dans la catégorie des terroristes dont le seul but déclaré demeure la perte de l’Ukraine. Le terme terroristes semble cependant tabou en France, où on ne le réserve qu’à certaines catégories.

Mais qu’elle soit délibérée ou involontaire, l’incompétence des médias français en ce qui concerne l’Ukraine finit toujours par servir les intérêts moscovites. Est-ce irrémédiable ? Pas si on commence à appeler enfin les choses par leur vrai nom.

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