• Dessins de presse <BR><span style="text-transform: none;">Entre rire et colère...</span> Dessins de presse
    Entre rire et colère...
    Petite collection de caricatures, anciennes et nouvelles, sur la Russie et l’Ukraine
  • <span style="text-transform: none;">Quand le soleil se baigne en Ukraine : la nuit d'</span>Ivan Koupala Quand le soleil se baigne en Ukraine : la nuit d'Ivan Koupala En d'autres mots, la Saint Jean d'été, fête du solstice et célébration de l’amour
  • De la danse au combat : <BR><span style="text-transform: none;">jeux cosaques et hopak martial</span> De la danse au combat :
    jeux cosaques et hopak martial
    Les "jeux cosaques" et le hopak martial mettent à l'honneur la culture martiale et les valeurs de la сosaquerie. Ils ont devancé le grand renouveau identitaire auquel on assiste aujourd'hui en Ukraine.
  • Ukraine, la chute démographique Ukraine, la chute démographique En un quart de siècle, l’Ukraine a perdu plus de six millions d’habitants. Elle accuse un des taux de croissance naturelle les plus alarmants de la planète.
  • L’Affaire <BR>Schwartzbard – Petlioura L’Affaire
    Schwartzbard – Petlioura
    Samuel Schwartzbard fut-il le justicier qu'il a prétendu être? Simon Petlioura s'est-il compromis en tolérant des pogroms antisémites? Et les Soviétiques ont-ils organisé l'attentat à des fins de propagande ? Le procès ne permit jamais de répondre à ces trois questions. Mais après la chute de l'Urss, des éléments nouveaux sont venus compléter ce dossier qui mériterait aujourd'hui une révision en Justice.
  • 18 mai 1944 : déportation totale des Tatars de Crimée 18 mai 1944 : déportation totale des Tatars de Crimée La journée dite du "Surgûn" commémore tous les 18 mai la déportation des Tatars criméens, ultime épisode génocidaire suite auquel la Crimée "qui-a-toujours-été-russe" devint russe à 90%.
  • Le 9 mai 1945, drôle de victoire pour l'Ukraine Le 9 mai 1945, drôle de victoire pour l'Ukraine D'une guerre à l'autre, la propagande russe ne varie guère. Mais le temps des dogmes soviétiques en Ukraine est bel et bien fini.
  • <BR /><BR />Sept sur onze...

    Sept sur onze...
    Deux tiers des Français voteront pour un candidat moscoutaire au premier tour
  • <span style="text-transform: none;">Le linceul du "monde russe" <BR />sera orné de</span> broderies ukrainiennes Le linceul du "monde russe"
    sera orné de
    broderies ukrainiennes
    Le légendaire journaliste russe Alexandre Nevzorov explique pourquoi Russes et Ukrainiens ne sont pas des peuples frères et pourquoi le « monde russe » n’est pas constructible.
  • Holodomor <span style="text-transform: none;"><BR />‒ un Holocauste ukrainien?</span> Holodomor
    ‒ un Holocauste ukrainien?
    En 1932 et 1933, des millions d’ukrainiens furent intentionnellement affamés. Avec des pertes comparables à celles de la première guerre mondiale, la guerre paysanne menée par le régime russo-communiste en Ukraine apparaît comme l’une des plus vastes hécatombes de l’histoire universelle.

Dessins de presse
Entre rire et colère…

L’actualité russe et ukrainienne à travers les dessins de presse publiés en France et dans le reste du monde.

 

Cyberattaques

« Je t’aiderai à trouver les hackers… C’est quoi ton mot de passe? » (Chapatte, NY Times, Juillet 2017)

 

 

Crimes de guerre dans le Donbass

Bons pour le TPI de La Haye... (Oleksy Kustovsky, Radio Svoboda, 2015)

Bons pour le TPI de La Haye… (Oleksy Kustovsky, Radio Svoboda, 2015)

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Quand le soleil se baigne en Ukraine : la nuit d’Ivan Koupala

Si d’aventure, passant par l’Ukraine dans la première semaine de juillet, vous apercevez sur quelque rive paisible, des couples couronnés de fleurs, gambillant comme des païens, récitant des vers à mère nature, et chantant en chœur Ivana Koupala, vous ne comprendrez peut-être pas ce qui se trame. J’inclinerais à croire que moi non plus. Mais, selon le mot de Montaigne, la parole appartient pour moitié à celui qui parle, pour moitié à celui qui écoute…
Nous sommes en été, les moissons approchent. Aux alentours du 21e jour de juin, l’astre solaire s’est arrêté. Du moins, à en croire l’étymologie du mot solstice, le flambeau du monde se maintient durant quelques jours avant de reprendre sa course. Il est au plus haut dans le ciel et rend les nuits plus courtes en été ; c’est l’inverse en hiver, lorsqu’il est au plus bas.

Bien que le véritable solstice d’été soit maintenant passé d’une quinzaine de jours, c’est bien une fête solsticiale qui s’offre à vos yeux. L’orthodoxie astronomique aurait voulu qu’on célébrât cette Saint-Jean au moment du solstice même, mais l’Orthodoxie chrétienne en veut autrement. Le calendrier julien, dit « ancien style », prévaut toujours en religion. La réforme du pape Grégoire XIII, pourtant plus proche des rythmes solaires, est éclipsée.

L’un des multiples noms de la Saint-Jean célébrée des pays balkaniques aux pays baltes, se dit en ukrainien Den’ na Ivana Koupala, c’est-à-dire Journée de Jean Koupala : Ivan, pour Jean (le Baptiste), et Koupala, de Koupaylo, dieu slave de l’abondance. Le nom même procède du compromis entre la fête païenne et la fête chrétienne, comme si en France la Saint-Jean était appelée Journée de Jean Cernun (de Cernunnos, dieu gaulois de l’abondance).

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De la danse au combat :
jeux cosaques et hopak martial

Les "jeux cosaques" et le hopak martial mettent à l'honneur la culture martiale et les valeurs de la cosaquerie. Ils ont devancé le grand renouveau identitaire auquel on assiste aujourd'hui en Ukraine.
Si la Grèce eut ses jeux olympiques, la France solennisera aussi ses jours sans-culottides!

 

Beaucoup moins solennels que les jeux des sans-culottes, des cosaquides (avec culotte) ont été lancées un peu partout en Ukraine depuis la fin des années 2000.1 Elles ne bénéficient d’aucun soutien de l’Etat, d’aucune emphase parlementaire et, sans doute heureusement, n’ont émergé dans l’Ukraine yanoukovienne qu’à l’aide d’un tissu associatif indépendant.2 Ces jeux cosaques sont un ensemble de jeux de force, de combats et d’adresse, à l’instar des jeux basques, mais, à la différence de ceux-ci, mettent à l’honneur la culture martiale de la сosaquerie, plus proche des jeux de chevalerie que des jeux de force proprement dits.

L’usage des chevaux est pour l’instant très limité, même si au pays des Zaporogues on voit parfois de drôles de manèges… Historiquement, les cosaques étaient avant tout des fantassins qui avaient développé une discipline adaptée au corps-à-corps. On pense que le fameux hopak reprend certains gestes hérités de la steppe.3 À en croire les « guerriers dansants » des vases anciens, cette tradition pourrait même remonter à l’Antiquité. Elle perdure aujourd’hui, en diaspora surtout, comme sur ces images prises à Londres.

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  1. Jeux cosaques se dit en ukrainien kozatski zabavé 

  2. Depuis 2017, le hopak martial est reconnu comme sport national en Ukraine. 

  3. Ou gopak en russe, une danse ukrainienne réputée pour sa dynamique. 

Ukraine, la chute démographique

En un quart de siècle, l’Ukraine a perdu plus de six millions d’habitants. Elle accuse un des taux de croissance naturelle les plus alarmants de la planète. Avec un environnement politique et historique comparable à celui de la France au XXe siècle, sans alcool et sans génocide, l’Ukraine aurait pu compter 100 millions d’habitants aujourd’hui.

Réduite à 42,9 millions d’habitants d’après l’Office statistique ukrainien, les experts expliquent cette débâcle démographique par un solde migratoire négatif combiné à un déficit naturel hors normes. En Ukraine, le rapport naissances/décès est inversement proportionnel à celui de la France.1 L’accroissement naturel négatif y bat des records. La différence entre le taux de mortalité et le taux de natalité tourne aux alentours de -0.6 % depuis plusieurs années, soit l’un des taux d’accroissement naturel les plus déficitaires à l’échelle mondiale. En à peine 25 ans, la crise démographique et les pertes territoriales ont coûté à l’Ukraine environ 10 millions d’habitants, soit 1 habitant sur 5.2

Avec un solde migratoire constamment négatif, surtout entre 1994 et 2002, l’Ukraine ne parvient pas à compenser la chute de sa natalité. La Russie et le Bélarus connaissent le même péril d’effondrement démographique. En 2007, Vladimir Poutine avait même qualifié la démographie chancelante du pays de problème le plus grave de la Russie moderne. L’effondrement de l’État et de la confiance populaire, la brutalité des mutations économiques et sociales, mais surtout l’impéritie sanitaire ont partout causé les mêmes dégâts. Dans les trois républiques, les mêmes causes ont produit les mêmes effets.

L’assainissement de l’économie ukrainienne et l’apparition d’un solde migratoire positif seraient-ils à même de stopper cette chute vertigineuse ? A considérer l’exemple russe et bélarus, on pourrait en douter. En dépit de leur solde migratoire positif, les voisins slaves de l’Ukraine ne sont pas encore sortis de la spirale de la dépopulation. Leur taux de fécondité est encore inférieur au seuil de renouvellement des générations (théoriquement fixé à 2,05 enfants par femme) tandis que leur taux de mortalité ne plonge toujours pas. Pour résumer, les trois républiques « sœurs » comme on les appelait jadis, ont un taux de natalité comparable aux pays occidentaux, mais un taux de mortalité équivalent aux pays les moins développés.

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L’Affaire
Schwartzbard – Petlioura

Des générations de français ont grandi dans l’idée que l’Ukraine n’était qu’une province russe et pour les plus intoxiqués, une province infestée d’affreux nationalistes passablement pogromistes et collabos. Cette image tronquée s’est en grande partie construite autour d’un retentissant assassinat survenu en plein cœur de Paris en 1926.

Assassiné le 25 mai 1926 de cinq balles tirées à bout portant devant une célèbre librairie du Quartier latin, le chef du gouvernement ukrainien Simon Petlioura, bien qu’en exil et sans pouvoirs réels, incarnait toujours la grande idée qui était venue bouleverser l’ordre franco-russe en Europe centre-orientale après la Révolution de 1917. Héros de la paysannerie ukrainienne et menace redevenue réelle pour le pouvoir bolchevique après le retour du maréchal Pilsudski au pouvoir, Simon Petlioura fut assassiné dans des conditions de lâcheté atroce, comme le notait le Figaro au début du procès.

Samuel Schwartzbard fut-il le justicier qu’il a prétendu être? Simon Petlioura s’est-il compromis en tolérant des pogroms antisémites? Et les Soviétiques ont-ils organisé l’attentat à des fins de propagande ? Le procès ne permit jamais de répondre à ces trois questions. Mais après la chute de l’Urss, des éléments nouveaux sont venus compléter ce dossier qui mériterait aujourd’hui une révision en Justice.

 

La presse française lors du procès Schwartzbard

Le chroniqueur judiciaire du Figaro, Georges Claretie, lui-même avocat et citoyen aux convictions modérées, ancien secrétaire de Poincaré et homme de lettres érudit, expliquait du reste fort bien le contexte historique et politique de l’Ukraine, la personnalité de Simon Petlioura, son dégoût des pogroms, et surtout la singulière coïncidence donnant précisément à l’avocat attitré des communistes, Henry Torrès le soin de défendre le tueur. Il déplorait en outre l’inégalité de préparation entre la partie ukrainienne désargentée et la partie « israélite » comme on disait alors, soutenue par des témoins au nom prestigieux.

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18 mai 1944 : déportation totale des Tatars de Crimée

La journée dite du "Surgûn" commémore tous les 18 mai la déportation des Tatars criméens, ultime épisode génocidaire suite auquel la Crimée "qui-a-toujours-été-russe" devint russe à 90%. Demain les églises orthodoxes du Patriarcat kiévien vont sonner le glas en hommage aux Tatars de Crimée. Une première historique.

Comme bien d’autres génocides russes et soviétiques, le Surgûn est peu connu en Occident. C’est l’exil de force durant lequel TOUTE la population tatare fut déportée en Asie centrale. Soit 238.500 déportés et 110.000 décès dans les 18 mois suivants, soit un taux de mortalité de 46 % dû à la famine et aux conditions du « voyage ». Peu de temps après le Surgûn, des mesures administratives vexatoires vinrent compléter le nettoyage ethnique : l’autonomie de la presqu’île fut supprimée, et 80 % des noms de localités tatars furent changés en noms russes.

Ukrainiens et Tatars commémorent ensemble cette journée depuis quelques années, notamment depuis l’annexion russe en mars-avril 2014. En Ukraine continentale, une minute de silence sera respectée en hommage au peuple tatar. La Crimée occupée, elle, ne le pourra pas. Les autorités d’occupation ont interdit tout rassemblement, mesure désormais traditionnelle. Auparavant, Tatars et Ukrainiens se retrouvaient au somment du mont Çatır Dağ (Tchatér-dag) en prononçant le mot d’ordre : Millet! Watan! Qirim! qui signifient Peuple! Patrie! Crimée!

Fraternité dans le peuple
≡ Olena Teliha

Poétesse et militante nationaliste de premier plan, Olena Teliha est née en Russie dans un milieu russophone. Ce n'est qu'après avoir pris conscience de ses racines ukrainiennes qu'elle décidera d'apprendre l'ukrainien et de s'engager jusqu'au sacrifice ultime pour la libération de l'Ukraine. Opposée au nazisme comme au communisme, elle incarnera la fine fleur de la jeunesse idéaliste sourde aux sirènes des idéologies étrangères. Le texte que nous publions fait partie de ses derniers. Quelques mois plus tard en février 42, elle sera de la charrette : on pense qu'elle a été fusillée à Babyn Yar comme nombre de ses amis et frères de combat. Son plaidoyer contre l'internationalisme trompeur, faux-nez de l'impérialisme russe, n'a rien perdu de son actualité.

 

Traduit de l’ukrainien par NSM

 

Ce fut une véritable orgie de paroles creuses et de formules-chocs. Vingt ans passés à faire leur barouf sur nos terres, à froufrouter comme des feuilles mortes, à se répandre comme des graines de tournesol et comme une coquille vide, à faire traîner leur semence sur nos bonnes et riches terres…

L’âme ukrainienne, à peine réveillée, redevenue libre et fière comme au temps jadis, avait longtemps repoussé et tenu à distance tout ce qui, porté par un vent étranger et mauvais, était venu tourner autour d’elle. Les mains du pays s’étaient mises à chercher la vieille lame du grand-père et de l’arrière-grand-père, pour la seule défense de la patrie. Ses yeux miraient l’auguste Trident princier et ses étendards.1 Bouches et oreilles n’étaient prêtes qu’à un seul et puissant mot d’ordre : Gloire à l’Ukraine!2

Mais par le nord, depuis Moscou, ça soufflait, ça sifflait, ça se couvrait… L’Ukraine fut prise dans une véritable tempête de sombres et d’étrangers slogans. Ils volaient et s’aplatissaient par affiches entières contre les murs de nos villes; s’étalaient grassement comme les taches d’une nappe crasseuse, dans de grands et gris journaux; se propageaient par la bouche d’infatigables causeurs, envoyés en mission et remontés comme des gramophones par une main étrangère et hostile.

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  1. Trident ou Trézoub, emblème du grand-prince de la Rous’ Volodimer 1er puis du mouvement ukrainien. Aujourd’hui emblème de l’Etat ukrainien. 

  2. NDT : Slogan de 1918 repris par l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN) dans les années 30. Depuis l’agression russe de 2014, cette formule à laquelle on répond « Gloire aux héros ! » est redevenue universelle en Ukraine. 

Le 9 mai 1945, drôle de victoire pour l’Ukraine

Tous les 9 mai, c'est la même histoire. Ou plutôt, la même version de l'histoire. L'Armée Rouge a libéré l'Ukraine et vaincu le fascisme. Vous me le copierez cent fois si vous n'y croyez pas !

Le dogme soviétique de la libération de l’Ukraine en 1945 serait un peu comme ces dogmes des temps antiques, révérés comme sacrés et voués à être transmis dans les siècles postérieurs; de ceux dont on ne polémiquerait même plus, car l’enjeu tant pratique qu’idéologique n’en vaudrait plus la peine. Pourtant, ce dogme soviétique est bien, de tous les autres, le plus abrutissant. Il court-circuite toute réflexion sur la nature réelle des relations entre deux peuples qui risquent dorénavant de s’affronter à tout moment.

Dogmatisme historique

D’après Poutine, la Russie aurait vaincu l’Allemagne même sans l’Ukraine (16 décembre 2010). Des propos qui blessent encore profondément les vétérans ukrainiens de l’Armée rouge. De Stalingrad à Berlin, en passant par la grande bataille de Koursk et le sanglant passage du Dniepr (500.000 morts, 10 fois le Débarquement en Normandie) ils ont tenu le front dans les pires souffrances. L’Ukraine fut détruite et pratiquement pas indemnisée, elle dut même reconstruire la Crimée dans les années 60. Quatre citoyens soviétiques sur dix tués durant la Seconde Guerre mondiale furent ukrainiens. Mais comme Poutine, la France n’en tient pas compte. Les 9 millions de morts ukrainiens ne valent pas même une pâquerette lors des cérémonies nationales. Il en est tout autrement des honneurs dévolus aux Russes, lesquels ont été conviés par la République aux cérémonies de 2016, et ce malgré la « crise » ukrainienne. C’est donc Poutine qui a « représenté » l’Ukraine sur les plages du Débarquement le 6 juin, juste après l’arrivée à Saint-Nazaire de 400 marins russes, débarquant en France pour se former à bords de navires d’assaut et de commandement Mistral.1

Quant au 9 mai ukrainien, il avait pris en 2014 après la révolution du Maïdane, un goût particulier. Aux parades habituelles du souvenir s’était ajoutée l’odeur du sang et de la poudre. On aurait dit une chasse aux hérétiques. A Donetsk, le chef de la fanfare ayant eu le tort de jouer l’hymne ukrainien, en fut quitte pour une gifle publique. Mais à Marioupil (ville totalement russifiée) les soldats ukrainiens venus libérer la préfecture aux mains des « terrorusses » se firent traiter de fascistes. On vit des civils, sans armes, en train de pourchasser les « nazis de Kiev » comme des fanatiques allant au martyre. L’effet « 9 mai » tous les ans redouté redoublait t’intensité. De nombreuses provocations avaient déjà eu lieu, avec blessés pas balles et rixes mémorables. Mais cette année-là on peut dire que la réalité dépassa la fiction. On rejoua littéralement la « libération » de l’Ukraine. Pas avec des figurants comme auparavant, mais à balles réelles.

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  1. Le nouveau président ukrainien, Pierre Porochenko, a été invité au 70e anniversaire du Débarquement de Normandie après la première publication de cet article en 2014; c’est une première historique.  

Le paisible atome soviétique

J’adore cette phrase ukrainienne d’avant l’Indépendance: radianskéï mérnéï atom. Le paisible atome soviétique. Une phrase presque musicale, bien mieux taillée pour les déclamations d’un théâtre de plein air que pour les slogans d’idéologies à bout de souffle. Il est vrai qu’atome pacifique ou nucléaire civil soviétique aurait été des traductions plus adéquates, mais pour l’extérieur.

 

« Un printemps à Tchernobyl » d’Emmanuel Lepage. Un très bel album de bande dessinée consacré à Tchernobyl.

Pour l’intérieur, il fallait du paisible, oui, du tranquille, du genre « qui ne fait pas peur » même en temps de paix. Tout doux en somme, cet atome soviétique, doux comme un agneau, avec quatre pattes – pas une de plus, pas une de moins ! – puis, quand l’atome soviétique se fit moins paisible après ce beau week-end d’avril 1986, on se mit à le vilipender. On lui crachait son nuage radioactif à la gueule; espèce de sale Tchaès ! qu’on disait. C’est le sigle pour TCHornobilska Atomna Elektro-Stantsia: centrale nucléaire de Tchernobyl.

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Sept sur onze…

D'après les sondages, deux tiers des Français voteront pour un candidat moscoutaire au premier tour. Seul 1 Français sur 10 votera pour un candidat résolument opposé à la politique russe en Ukraine et en Syrie.

D’après les derniers sondages, 66% des Français voteraient pour un candidat favorable à la Russie. Une première historique lors d’une élection française. Première fois également que des candidats évoquent un nécessaire changement de frontières en Europe orientale, – celles de l’Ukraine il va de soi. Jean-Luc Mélenchon a été le premier à le déclarer clarâ voce lors d’un débat télévisé.

En septembre 2014, le plus ukrainophobe des candidats avait voté contre l’accord d’Association UE-Ukraine. Quatre ans plus tôt, il avait vitupéré contre les Lituaniens pour les mêmes raisons, cette fois en leur demandant en prime d’aller se faire foutre (SIC). Mais le 20 mars dernier, le champion de l’extrême gauche touchait au fondement même de la paix en Europe. Lors du débat entre les cinq candidats majeurs de la présidentielle, Mélenchon évoquait sans barguigner une conférence de la Paix de sorte à modifier les frontières héritées de l’Urss.1 On s’en doute, au bénéfice de la Grande-et-Sainte.

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  1. «Je veux être le président de la paix et faire une conférence de sécurité de l’Atlantique à l’Oural. Il faut qu’on rediscute de toutes les frontières issues de l’ancienne Union soviétique. Rien ne sert de se montrer armé jusqu’aux dents contre la Russie, mieux vaut discuter». (…) «Il faut qu’on rediscute de toutes les frontières. La frontière entre la Russie et l’Ukraine, est-elle à la fin de la Crimée ou avant? Je n’en sais rien. On doit en parler.»