Gogol l’Ukrainien ?

Parmi les Ukrainiens ayant le plus compté dans l’Histoire de leur pays, le cas Nikolaï Gogol ou plus exactement Mékolaï Hohol en ukrainien, ne manque jamais de ranimer les thèmes éternels de l’identité et de la langue ukrainienne si malmenées dans ce pays depuis des siècles.

Amina Okouïeva assassinée par un commando

Un commando de tueurs embusqués s'est attaqué au célèbre couple de résistants ukraino-tchétchènes Adam et Amina Okouïev

Députés français ayant voté contre l’ukrainisation de l’enseignement en Ukraine

Les députés de La République en Marche ont constitué l'essentiel des voix

Représentant(s) de la « DNR » en France

Quand un politicien raté d'extrême droite se prend pour un diplomate

Dessins de presse: Entre rire et colère…

Petite collection de caricatures, anciennes et nouvelles, sur la Russie et l’Ukraine

Quand le soleil se baigne en Ukraine : la nuit d’Ivan Koupala

En d'autres mots, la Saint Jean d'été, fête du solstice et célébration de l’amour

De la danse au combat: jeux cosaques et hopak martial

Les "jeux cosaques" et le hopak martial mettent à l'honneur la culture martiale et les valeurs de la сosaquerie. Ils ont devancé le grand renouveau identitaire auquel on assiste aujourd'hui en Ukraine.

Ukraine, la chute démographique

En un quart de siècle, l’Ukraine a perdu plus de six millions d’habitants. Elle accuse un des taux de croissance naturelle les plus alarmants de la planète.

L’Affaire Schwartzbard – Petlioura

Samuel Schwartzbard fut-il le justicier qu'il a prétendu être? Simon Petlioura s'est-il compromis en tolérant des pogroms antisémites? Et les Soviétiques ont-ils organisé l'attentat à des fins de propagande ? Le procès ne permit jamais de répondre à ces trois questions. Mais après la chute de l'Urss, des éléments nouveaux sont venus compléter ce dossier qui mériterait aujourd'hui une révision en Justice.

18 mai 1944 : déportation totale des Tatars de Crimée

La journée dite du "Surgûn" commémore tous les 18 mai la déportation des Tatars criméens, ultime épisode génocidaire suite auquel la Crimée "qui-a-toujours-été-russe" devint russe à 90%.

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Gogol l’Ukrainien ?

Parmi les Ukrainiens ayant le plus compté dans l’Histoire de leur pays, le cas Nikolaï Gogol ou plus exactement Mékolaï Hohol en ukrainien, ne manque jamais de ranimer les thèmes éternels de l’identité et de la langue ukrainienne si malmenées dans ce pays depuis des siècles.

L’Ukraine de Gogol est enveloppée d’une fleur poétique, comme sa Russie est abominable de désolation, écrivait en 1902 le célèbre critique littéraire Simon Venguerov. Le spécialiste russe en concluait que pour Gogol, la Russie était le royaume mort des âmes mortes.1 Des mots qu’on ne risquerait pas d’entendre sur nos ondes ni dans nos universités. Encore qu’au-delà du seul Gogol, l’Ukraine désormais affranchie du joug moscovite sur 95 % de son territoire, semble toujours incapable de trancher ses propres questions identitaires. Elle en serait presque à renier une de ses plus belles plumes si quelque chose de profondément ukrainien ne transparaissait dans l’œuvre gogolienne.

Illustre initiateur de la prose russe, mais aussi génial écrivain ukrainien parfaitement formé aux lettres et aux traditions de son pays natal, Gogol est bien plus ukrainien que le « tractoriste » du Donbass2 et quoi qu’il en soit bien plus ukrainien qu’on pourrait le croire en France. Mais en Ukraine, sa perception est toujours mitigée. On l’abandonne aux Russes comme on a abandonné la Crimée, ou bien on le défend comme on défend le Donbass. Ce statut pourtant peu ordinaire est assez répandu au sein de la population, et quels que soient les points de vue l’observateur plus ou moins averti sera toujours troublé par la cas Nicolas Gogol, incarnation à lui seul d’une inextricable dualité. Avec Gogol il s’agit d’un cas extrêmement pathologique.

Nicolas Gogol par Otto Friedrich von Möller, début des années 1840

C’est que le mal ou le démon qui finit par avoir la peau de Mékolaï Hohol demeure celui de nombreux « Petits-russiens » incapables de trancher entre leurs racines ukrainiennes et le formatage russo-soviétique, formatage en réalité plus ancien et profondément gravé dans les mentalités comme nous allons le voir. Certes, l’interminable guerre russe contre la trop libre Ukraine, l’annexion sournoise de la Crimée et toute cette envahissante « fraternité » affichée par Moscou commencent à changer la donne, mais le sursaut patriotique apparu en 2014 ne saurait agir rétroactivement. On ne pourra donc jamais « décoincer » Nicolas Gogol de son statut éternellement ambigu et comme à jamais figé entre deux mondes aussi liés qu’incompatibles. Situation d’autant plus inconfortable que l’âme céleste de l’Ukraine et le monde infernal de la Russie sont en guerre et que cette guerre n’en finira jamais.

Pour s’en rendre compte, il faudrait faire un tour dans le Purgatoire où végètent les grands Ukrainiens « non homologués », jugés d’hybrides voire de malfaçons. Pour reprendre une image plus gogolienne, il faudrait s’introduire dans le bureau du Révizor et soulever la pile de dossiers où croulent encore toutes ces âmes perdues pour l’Ukraine. C’est que la mentalité du pays est ainsi faite, spirituellement riche, mais si convoitée et percluse d’impacts qu’on ne saurait dégager des ruines de l’histoire la moindre statue qui ne fasse débat ou ne pose question. Au vrai, à la fin de sa vie l’homme lui-même ne savait plus qui il était vraiment : Gogol le russe ou Hohol l’Ukrainien ?3 A son amie Alexandra Smirnova, il écrit en décembre 1844 qu’il ne sait pas à quel pays appartient son âme, et qu’il ne saurait trancher entre l’Ukraine et la Russie. Mais on remarquera qu’il sait parfaitement distinguer l’une de l’autre et que c’est déjà beaucoup dans un contexte où le discours dominant cherche à nier l’existence du particularisme ukrainien.

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  1. Semyon Afanasevitch Vengerov, Gogol écrivain-citoyen, in « Œuvres de S. Vengerov« , tome II, Saint-Pétersbourg, 1913, p. 126. 

  2. Clin d’œil à une fameuse phrase de V. Poutine qualifiant de simples « tractoristes » les terroristes engagés par le FSB pour déstabiliser l’est l’Ukraine sous couvert de rébellion populaire. 

  3. Le son « h » n’existant pas en russe, la lettre « h » se prononce « gu » en russe et c’est ainsi qu’on a transcrit le nom de l’écrivain en français. 

Peynier
Hommage aux volontaires
ukrainiens de 1939-1940

En 1939, cinq ou six mille volontaires ukrainiens s’engagèrent dans la Légion. Le dernier combat « pour l’honneur de l’armée française » est l’œuvre de légionnaires ukrainiens.

Pour ne pas combattre sous le drapeau polonais, de nombreux Ukrainiens vivant en France choisirent la Légion étrangère. C’est que la situation d’une majorité d’Ukrainiens de Galicie et de Volynie arrivés en France dans l’entre-deux-guerres était devenue des plus absurdes: en tant que citoyens polonais, ces patriotes ukrainiens opposés à l’occupation polonaise de l’Ukraine occidentale étaient incorporables dans les troupes polonaises à l’étranger.

Le témoignage d’un ancien de ces légionnaires résume bien la situation : « Vous êtes Polonais ? Attendez un instant, un sergent polonais va venir s’occuper de vous… » – « Je suis Ukrainien ! Je saurai aller chez les Polonais sans votre aide, mais je ne veux pas aller dans leur armée ! » Le secrétaire s’emporta et me mit à la porte, ce dont j’étais ravi pour m’éclipser avant la venue du sergent polonais. Je n’avais pas le choix, il me fallait aller à Sathonay [nord de Lyon] au centre principal de la Légion. Avec peine, je demandais ma route et partis. J’avais à peine franchi le portail de la caserne à Sathonay que j’entends des chants, j’écoute plus attentivement et je n’en crois pas mes oreilles, c’est une chanson ukrainienne. Nos gars de toutes les « Prosvita » [ass. culturelle ukr.] de France étaient arrivés là pour s’engager dans la Légion.

 

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Amina Okouïeva assassinée par un commando

Le 31 octobre 2017, vers 20h30 heure ukrainienne, un commando de tueurs embusqués s’est attaqué au célèbre couple de résistants ukraino-tchétchènes, Adam et Amina Okouïev.

Pris pour cible alors qu’il traversait un passage à niveau de la banlieue de Kiev, le couple a essuyé plusieurs rafales d’armes automatiques touchant Amina en pleine tête. Elle n’a pas survécu. Quant à son mari blessé à la jambe, il réchappe pour la seconde fois cette année à un attentat. Le combattant a expliqué les circonstances de l’attentat juste après son hospitalisation.

Amina Okouïeva, chirurgienne et militante de 34 ans, s’apprêtait à rentrer chez elle, dans le pavillon qu’elle construisait elle-même avec son époux. Elle devait ensuite se rendre au chevet du député ukrainien Ihor Mossiïtchouk, lui-même pris pour cible lors d’un attentat à la voiture piégée survenu la semaine dernière à Kiev.

Quelques mois auparavant, le couple avait affronté un premier attentat au cours duquel l’assaillant avait pu être neutralisé in extremis. En juin 2017, en plein centre de la capitale ukrainienne, un faux journaliste avait approché les deux figures de la Résistance tchétchène et tiré à trois reprises sur Adam Okouïev depuis la banquette arrière de leur véhicule. Son épouse eut juste le temps de dégainer, mais sa riposte fut fulgurante. Atteint de quatre balles tirées à bout portant, l’homme s’effondra sans avoir pu atteindre son objectif. Toujours en vie, l’assaillant allait rapidement dévoiler sa véritable identité. D’après le Parquet de Kiev, Arthur Denisoultanov-Kourmakaïev pourrait être un « envoyé » du président tchétchène Ramzan Kadyrov, dont les sbires opèrent pour le compte du Kremlin depuis une quinzaine d’années. Le malfrat tchétchène, probablement entraîné par les services russes, s’était fait passer pour un journaliste travaillant pour Le Monde dans l’intention d’assassiner Adam Osmaïev. L’homme avait par ailleurs approché d’autres personnalités ukrainiennes en se faisant passer pour un journaliste étranger.

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Députés français ayant voté
contre l’ukrainisation
de l’enseignement en Ukraine

L’Ukraine s’est retrouvée complètement isolée lors d'une résolution de l’Assemblée du Conseil Européen remettant en cause la réforme de l’enseignement des langues en Ukraine, résolution adoptée par 82 voix contre 11.

Le 10 octobre 2017, l’Assemblée qualifiait la nouvelle loi ukrainienne comme n’étant pas propice au “vivre ensemble”, alors qu’elle ne fait qu’introduire l’enseignement de l’ukrainien dans les écoles où cet enseignement n’est pas dispensé. Par ailleurs, la réforme ukrainienne n’interdit aucune des langues enseignées, mais impose la connaissance de l’ukrainien aux minorités nationales. A elles seules, la Hongrie et la Roumanie ont fait le plein de leur voix en apportant 17 votes favorables à la résolution, alors que la Pologne tout aussi concernée n’en a apporté qu’un seule. Un seul député non-ukrainien a voté contre la résolution (John Howell, un conservateur britannique). Toutes les dix autres étaient ukrainiens.

Côté français, les députés de La République en Marche ont apporté l’essentiel des voix représentant la République française, soit 3 voix « pour » et 2 abstentions sur 18 potentielles :

  • Jennifer DE TEMMERMAN (LREM, sans groupe)
  • Jacques MAIRE (LREM, sans groupe, et par ailleurs vice-président de la commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale)
  • Jérôme LAMBERT (Nouvelle gauche, groupe socialiste, prorusse notoire et désinformateur)

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Représentant(s)
de la « DNR » en France

Le 25 septembre 2017, Hubert FAYARD, « représentant » de la pseudo République Populaire de Donetsk en France, avait convié à l’inauguration « officielle » du centre de représentation de la République de Donetsk à Marseille plusieurs maires et députés de la région. Aucun ne s’est déplacé. Le secrétariat de Mme Claire Pitollat, députée LREM de Marseille, avait adressé une lettre standard pour décliner l’invitation. Mais le propagandiste poutinien Xavier Moreau ainsi qu’une poignée d’élus mineurs des environs ont pris part à cette « inauguration » dans la « splendide » salle d’un Novotel de Marseille. (Le groupe Accor avait déjà prêté son concours en Tchéquie, où une pseudo-représentation DNR-ienne similaire à celle de Marseille a depuis été interdite).

Groupe mi-terroriste, mi-tactique russe occupant une partie de la région de Donetsk dans l’est de l’Ukraine, la « DNR » ne bénéficie d’aucune reconnaissance officielle ni en France ni ailleurs dans le monde. Ne bénéficiant d’aucune accréditation diplomatique autre que celle de la pseudo-DNR, cette « représentation » officiellement sise au 180 avenue Prado à Marseille, n’est qu’une association enregistrée à la Préfecture des Bouches-du-Rhône. D’autres ont été ouvertes en Grèce, Finlande, Italie et Tchéquie. Aucune n’est reconnue, certaines ont même déjà été interdites. Peu avant l’inauguration du consulat pirate, le ministère des Affaires étrangères avait fait savoir que l’objet de l’association était illicite et que le  procureur de la République en avait été averti.

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L’Ukraine
≡ Charles-Louis Lesur

Avant la fameuse alliance franco-russe, l'Ukraine n'était pas encore sortie du champ de vision des Français. Au moment des guerres napoléoniennes notamment, l'intérêt pour ce pays potentiellement très riche s'activa tout naturellement, comme le prouve cet extrait. Dans l'Histoire des Kosaques rédigée sur ordre de napoléon, l'essayiste Charles-Louis Lesur donnait un portrait moral et politique des Ukrainiens bien plus en faveur de ces derniers que des Russes. 

Source : Charles-Louis Lesur, Histoire des Kosaques, tome II, livre V, chap. 1, p. 247 à 260. Remarque importante : Lesur utilise principalement la phonétique russe pour transcrire les mots ukrainiens. Ainsi de Setch, la Sitch zaporogue, et de Malo-Russes, Petits-Russiens (nom des Ukrainiens dans l’empire tsariste). Plus tard, le géographe Elysée Reclus donnera également une description de l’Ukraine. Le texte original annoté par Pan Doktor est ici. A noter que l’image désastreuse des Russo-Moscovites est directement inspirée d’un voyageur anglais, Edward Clarke, dont le pays était pourtant allié au tsar.  

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Auschwitz,
l’OUN et l’Ukraine

Auschwitz, Oświęcim en polonais. Petite bourgade cracovienne devenue le plus grand camp d’extermination nazi, symbole à jamais honni du génocide juif et de la folie nazie. Beaucoup d’Ukrainiens, de toutes conditions et de toutes obédiences, franchirent eux aussi cette porte de l’enfer.

Créé en mai 1940, dans un premier temps pour l’intelligentsia polonaise de la région, le camp passe l’année suivante de 700 à 10.000 détenus en un temps record. À cette date la plupart des prisonniers sont soviétiques, soldats de l’Armée Rouge souvent originaires d’Ukraine. Ils sont tatoués, marqués d’un R pour “Russe” quelle que soit leur véritable nationalité, et réduits à l’état d’esclaves bon marché de l’industrie allemande. Siemens, BASF, IG-Farben et Krupp (pour ne citer que ces marques bien connues) installent leurs ateliers à proximité. Mais à partir de l’hiver 41 nombre de ces premiers arrivants servent avec 900 autres prisonniers politiques polonais de cobayes à la solution finale: ziklon B, phénol, crémation, etc… Mixte l’année suivante, le camp devient avec Ravensbrück un important pourvoyeur de cobayes féminins.

Igor Malytsky, 90 ans en 2015, survivant ukrainien d’Auschwitz. Sur les réseaux sociaux, les Russes l’ont noyé de commentaires odieux à cause du ruban jaune et bleu qu’il arborait sur les lieux mêmes de sa déportation.

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La bataille de Krouté

Krouté, une des batailles les plus vénérées en Ukraine pour sa dimension particulièrement sacrificielle. Elle est célébrée le 29 janvier, mais se déroula essentiellement dans les premières heures du 30 janvier 1918. La jeune garde ukrainienne livrait alors son premier combat contre l’invasion bolchevique. Combat en tout inégal qu’elle ne pouvait remporter, mais devoir sacré dont elle sut courageusement s’acquitter.

La horde rouge dix fois supérieure en nombre alignait 4.000 soldats et fusiliers marins. Contre elle, des cadets, des volontaires encore frais émoulus, de jeunes recrues, quelques cosaques. Pour la République Populaire d’Ukraine (UNR) qui n’était indépendante que depuis quelques jours, retarder les colonnes russes arrivant du Nord relevait d’une nécessité absolue.

Plus à l’est, les régions de Kharkiv et de Poltava étaient déjà occupées. Comme de nos jours, les Russes choisirent de prendre d’abord appui en Ukraine orientale et méridionale. Avant de frapper le cœur du pays, ils s’emparèrent de Kharkiv le 26 décembre 1917 et y installèrent un gouvernement fantoche. Un mois plus tôt à Odessa, l’UNR encore autonome évita manu militari le même scénario. L’armée d’invasion forte de 30.000 hommes se composait de militaires de l’armée régulière ainsi que des fameux « Gardes Rouges », troupes plus ou moins paramilitaires et levées surtout dans le Donbass et la région de Kharkiv dans l’est du pays. Des « soulèvements » populaires, très clairement armés et fomentés par les bolcheviques Russes éclatèrent dans toute l’Ukraine.

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Le plan de partition
de l’Ukraine

En février 2015, l'un des derniers journaux de Russie (le reste n’est que perroquets accrochés au grand mât du Kremlin) avait publié un plan en 7 points majeurs vraisemblablement soumis à V. Poutine dans la première quinzaine de février 2014.

D’après Novaya Gazeta, le très-orthodoxe milliardaire Kostantyn Malofeyev (voir l’encadré au bas de cette page) aurait participé à sa rédaction. La version russe originale éditée par Andrey Lipsky est ici. Nous en publions ici une courte synthèse commentée destinée au public français.

Dans ce plan sont consignées de fort remarquables observations quant à la partition de l’Ukraine, avant même l’arrivée au pouvoir de la « junte de Kiev ». Rien de nouveau en soi, mais les détails ont leur importance et en disent long sur les complicités occidentales et ukrainiennes qui ont mené l’Ukraine là où elle se trouve un an plus tard. L’intéressé a d’ores et déjà menacé de poursuites Novaya Gazeta, sans doute à cause des fortes similitudes entre ce plan et tous les crimes qui ont été commis entre-temps.

Si l’on devait le résumer en quelques mots, il s’agit d’un plan d’agression crapuleux sous prétexte de secours. On y trouve tous les ingrédients des plans nazis en Europe centrale, référence du reste parfaitement assumée dès le préambule. Le document fait donc partir en éclat la propagande franco-russe principalement axée sur les prétendues « menaces » contre la langue, la population et les intérêts russes en Ukraine qu’aurait représenté le Maïdane. Il table au contraire sur les faiblesses de l’Ukraine, la passivité et même la complicité de l’Europe. D’où sort donc cette paranoïa ?

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A COSSACK POET
≡ William Morfill

La première biographie de Taras Chevtchenko jamais publiée en anglais date de 1886, soit un quart de siècle après la mort du poète national ukrainien. Elle est de William Morfill, professeur d'Oxford et premier slaviste du monde anglophone à avoir reconnu l'Ukraine comme entité culturelle distincte de la Russie. En voici la version originale telle que publiée dans le Macmillan Magazine.

Source : William Richard Morfill, A Cossack Poet. Macmillan Magazine, T. 53, N. 318 (avril 1886), pp. 458-464. Remarque importante : Morfill utilise principalement la phonétique russe pour transcrire les mots ukrainiens. Ainsi de Setch, la Sitch zaporogue, et de Malo-Russians, Petits-Russiens (nom des Ukrainiens dans l’empire tsariste). La première biographie de T. Chevtchenko en français avait paru dix ans plus tôt. Le texte original annoté par Pan Doktor est ici.

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Dessins de presse:
Entre rire et colère…

L’actualité russe et ukrainienne à travers les dessins de presse publiés en France et dans le reste du monde. Chapatte, Wilhem, Pancho, Plantu, Toles et bien d'autres y dénoncent le plus souvent la fourberie de V. Poutine et la faiblesse de l'Occident.

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Collabos et autres grues

Charb ( † Stéphane Charbonnier), Charlie Hebdo, mars 2014

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Quand le soleil se baigne en Ukraine : la nuit d’Ivan Koupala

Si d’aventure, passant par l’Ukraine dans la première semaine de juillet, vous apercevez sur quelque rive paisible, des couples couronnés de fleurs, gambillant comme des païens, récitant des vers à mère nature, et chantant en chœur Ivana Koupala, vous ne comprendrez peut-être pas ce qui se trame. J’inclinerais à croire que moi non plus. Mais, selon le mot de Montaigne, la parole appartient pour moitié à celui qui parle, pour moitié à celui qui écoute…

Nous sommes en été, les moissons approchent. Aux alentours du 21e jour de juin, l’astre solaire s’est arrêté. Du moins, à en croire l’étymologie du mot solstice, le flambeau du monde se maintient durant quelques jours avant de reprendre sa course. Il est au plus haut dans le ciel et rend les nuits plus courtes en été ; c’est l’inverse en hiver, lorsqu’il est au plus bas.

Bien que le véritable solstice d’été soit maintenant passé d’une quinzaine de jours, c’est bien une fête solsticiale qui s’offre à vos yeux. L’orthodoxie astronomique aurait voulu qu’on célébrât cette Saint-Jean au moment du solstice même, mais l’Orthodoxie chrétienne en veut autrement. Le calendrier julien, dit « ancien style », prévaut toujours en religion. La réforme du pape Grégoire XIII, pourtant plus proche des rythmes solaires, est éclipsée.

L’un des multiples noms de la Saint-Jean célébrée des pays balkaniques aux pays baltes, se dit en ukrainien Den’ na Ivana Koupala, c’est-à-dire Journée de Jean Koupala : Ivan, pour Jean (le Baptiste), et Koupala, de Koupaylo, dieu slave de l’abondance. Le nom même procède du compromis entre la fête païenne et la fête chrétienne, comme si en France la Saint-Jean était appelée Journée de Jean Cernun (de Cernunnos, dieu gaulois de l’abondance).

Malgré tout, des badauds ébaubis aux fidèles extatiques, tout le monde semble croire à la légende d’Ivan Koupala. Personne ne fait cas de l’ermite du Jourdain. Les couleurs du paganisme revivent. On dit même que, ce soir, la fougère fleurira. Et la routa, cette plante aux fleurs habituellement jaunes, le temps d’un regard rougira. C’est la fameuse tchervona routa (la rue rouge) des chansons ukrainiennes, dont l’air résonne aujourd’hui des communions de Los Angeles aux Bar-Mitzvah de Tel Aviv. On dit aussi que quiconque verra ces fleurs enchantées en amour s’épanouira. Doux présages… mais, à moins de confondre cette fugace rutacée avec un vulgaire rhododendron, ou à moins d’être assoté d’eau de vie (ce qui est plus probable), il faudra beaucoup chercher ! Quoi qu’il en soit, cette journée est un des moments les plus poétiques de l’année ; et jadis, c’était la plus grande célébration calendaire, sorte de Noël païen, au début du cycle naturel. « Jadis », c’est-à-dire avant que la religion du Christ ne s’impose chez les Slaves orientaux et que les réfractaires ne soient pieusement massacrés. La Lettonie, christianisée par le glaive teuton, a même rendu ce jour férié en honneur de la poésie (c’est le Ligo, fêté le 23 juin, la veille de la Saint-Jean).

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De la danse au combat:
jeux cosaques et hopak martial

Les "jeux cosaques" et le hopak martial mettent à l'honneur la culture martiale et les valeurs de la cosaquerie. Ils ont devancé le grand renouveau identitaire auquel on assiste aujourd'hui en Ukraine.
Si la Grèce eut ses jeux olympiques, la France solennisera aussi ses jours sans-culottides!

 

Beaucoup moins solennels que les jeux des sans-culottes, des cosaquides (avec culotte) ont été lancées un peu partout en Ukraine depuis la fin des années 2000.1 Elles ne bénéficient d’aucun soutien de l’Etat, d’aucune emphase parlementaire et, sans doute heureusement, n’ont émergé dans l’Ukraine yanoukovienne qu’à l’aide d’un tissu associatif indépendant.2 Ces jeux cosaques sont un ensemble de jeux de force, de combats et d’adresse, à l’instar des jeux basques, mais, à la différence de ceux-ci, mettent à l’honneur la culture martiale de la сosaquerie, plus proche des jeux de chevalerie que des jeux de force proprement dits.

L’usage des chevaux est pour l’instant très limité, même si au pays des Zaporogues on voit parfois de drôles de manèges… Historiquement, les cosaques étaient avant tout des fantassins qui avaient développé une discipline adaptée au corps-à-corps. On pense que le fameux hopak reprend certains gestes hérités de la steppe.3 À en croire les « guerriers dansants » des vases anciens, cette tradition pourrait même remonter à l’Antiquité. Elle perdure aujourd’hui, en diaspora surtout, comme sur ces images prises à Londres.

Un groupe de hopak martial féminin

Si dans la danse hopak la place des femmes demeure un contrepoint lyrique aux effusions masculines, en revanche dans le hopak version martiale les femmes sont « cosaques » au même titre que les hommes. On dirait que c’est moderne – rien n’est moins sûr. La pratique d’un art martial traditionnel apporte l’odeur de quelque chose venu d’un autre temps, d’une autre époque. C’est exactement l’esprit du hopak de combat qui, se disant historique et autochtone, se pratique en habits traditionnels. Le but est de reconquérir auprès des jeunes un certain sens des valeurs nationales que la danse traditionnelle, sans doute trop folklorisée, ne peut plus assumer. Ou bien est-ce un signe qui reste à décrypter ?

Culture MacDo et culture Hopak… (Brighton Beach, 2013)

Dans la culture « occidentale » – en fait, surtout celle des ghettos –, il existe également des danses dérivant d’arts martiaux, comme par exemple les uprocks du break-dance, avec curieusement de petits, voire de grands côtés « cosaques ». Venue du Brésil, la fameuse capoeira allie pareillement danse et combat; et, moins connue en France, la traditionnelle pizzica-pizzica, une tarentelle « qui rend fou », se danse en imitant les crochets de l’araignée et, parfois, les poignards du marin…

Dans ce clip de Tartak, l’esprit du hopak martial est assez bien résumé. Un étudiant pas très à l’aise dans ses baskets est initié. Puis vient l’épreuve : il vole au secours d’une consœur. Victorieux, il découvre respect et spiritualité; mais aussi…. un peu d’amour. Coup double ! Sur un tee-shirt on peut lire : « les esclaves n’ont pas leur place au paradis »… C’est un peu démago, mais c’est très vrai.

Il existe toute une tradition des arts martiaux en Ukraine. Dans les siècles passés, lors de chaque grande fête religieuse, des concours de lutte ou de boxe ukrainiennes étaient organisés, mais à la fin du XIXe s. les autorités pétersbourgeoises finirent par mettre ces sports autochtones dans les cordes, au profit de sports plus « civilisés », comme la boxe française ou anglaise. Il en est de même des sports non martiaux. Au vrai, aucune de ces disciplines exportées à travers le monde n’aurait eu autant de succès si de solides associations (parfois maçonniques) ne les avaient encadrés à leurs débuts. Ce qui nous enseigne, peut-être, que la solidarité et l’esprit de fraternité sont les premiers devoirs à transmettre.

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  1. Jeux cosaques se dit en ukrainien kozatski zabavé 

  2. Depuis 2017, le hopak martial est reconnu comme sport national en Ukraine. 

  3. Ou gopak en russe, une danse ukrainienne réputée pour sa dynamique. 

Ukraine, la chute démographique

En un quart de siècle, l’Ukraine a perdu plus de six millions d’habitants. Elle accuse un des taux de croissance naturelle les plus alarmants de la planète. Avec un environnement politique et historique comparable à celui de la France au XXe siècle, sans alcool et sans génocide, l’Ukraine aurait pu compter 100 millions d’habitants aujourd’hui.

Réduite à 42,9 millions d’habitants d’après l’Office statistique ukrainien, les experts expliquent cette débâcle démographique par un solde migratoire négatif combiné à un déficit naturel hors normes. En Ukraine, le rapport naissances/décès est inversement proportionnel à celui de la France.1 L’accroissement naturel négatif y bat des records. La différence entre le taux de mortalité et le taux de natalité tourne aux alentours de -0.6 % depuis plusieurs années, soit l’un des taux d’accroissement naturel les plus déficitaires à l’échelle mondiale. En à peine 25 ans, la crise démographique et les pertes territoriales ont coûté à l’Ukraine environ 10 millions d’habitants, soit un habitant sur cinq.2

Avec un solde migratoire constamment négatif, surtout entre 1994 et 2002, l’Ukraine ne parvient pas à compenser la chute de sa natalité. La Russie et le Bélarus connaissent le même péril d’effondrement démographique. En 2007, Vladimir Poutine avait même qualifié la démographie chancelante du pays de problème le plus grave de la Russie moderne. L’effondrement de l’État et de la confiance populaire, la brutalité des mutations économiques et sociales, mais surtout l’impéritie sanitaire ont partout causé les mêmes dégâts. Dans les trois républiques, les mêmes causes ont produit les mêmes effets.

L’assainissement de l’économie ukrainienne et l’apparition d’un solde migratoire positif seraient-ils à même de stopper cette chute vertigineuse ? A considérer l’exemple russe et bélarus, on pourrait en douter. En dépit de leur solde migratoire positif, les voisins slaves de l’Ukraine ne sont pas encore sortis de la spirale de la dépopulation. Leur taux de fécondité est encore inférieur au seuil de renouvellement des générations (théoriquement fixé à 2,05 enfants par femme) tandis que leur taux de mortalité ne plonge toujours pas. Pour résumer, les trois républiques « sœurs » comme on les appelait jadis, ont un taux de natalité comparable aux pays occidentaux, mais un taux de mortalité équivalent aux pays les moins développés.

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L’Affaire
Schwartzbard – Petlioura

Des générations de français ont grandi dans l’idée que l’Ukraine n’était qu’une province russe et pour les plus intoxiqués, une province infestée d’affreux nationalistes passablement pogromistes et collabos. Cette image tronquée s’est en grande partie construite autour d’un retentissant assassinat survenu en plein cœur de Paris en 1926.

Assassiné le 25 mai 1926 de cinq balles tirées à bout portant devant une célèbre librairie du Quartier latin, le chef du gouvernement ukrainien Simon Petlioura, bien qu’en exil et sans pouvoirs réels, incarnait toujours la grande idée qui était venue bouleverser l’ordre franco-russe en Europe centre-orientale après la Révolution de 1917. Héros de la paysannerie ukrainienne et menace redevenue réelle pour le pouvoir bolchevique après le retour du maréchal Pilsudski au pouvoir, Simon Petlioura fut assassiné dans des conditions de lâcheté atroce, comme le notait le Figaro au début du procès.

Samuel Schwartzbard fut-il le justicier qu’il a prétendu être? Simon Petlioura s’est-il compromis en tolérant des pogroms antisémites? Et les Soviétiques ont-ils organisé l’attentat à des fins de propagande ? Le procès ne permit jamais de répondre à ces trois questions. Mais après la chute de l’Urss, des éléments nouveaux sont venus compléter ce dossier qui mériterait aujourd’hui une révision en Justice.

 

La presse française lors
du procès Schwartzbard

Le chroniqueur judiciaire du Figaro, Georges Claretie, lui-même avocat et citoyen aux convictions modérées, ancien secrétaire de Poincaré et homme de lettres érudit, expliquait du reste fort bien le contexte historique et politique de l’Ukraine, la personnalité de Simon Petlioura, son dégoût des pogroms, et surtout la singulière coïncidence donnant précisément à l’avocat attitré des communistes, Henry Torrès le soin de défendre le tueur. Il déplorait en outre l’inégalité de préparation entre la partie ukrainienne désargentée et la partie « israélite » comme on disait alors, soutenue par des témoins au nom prestigieux.

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18 mai 1944 : déportation totale des Tatars de Crimée

La journée dite du "Surgûn" commémore tous les 18 mai la déportation des Tatars criméens, ultime épisode génocidaire suite auquel la Crimée "qui-a-toujours-été-russe" devint russe à 90%. Demain les églises orthodoxes du Patriarcat kiévien vont sonner le glas en hommage aux Tatars de Crimée. Une première historique.

Comme bien d’autres génocides russes et soviétiques, le Surgûn est peu connu en Occident. C’est l’exil de force durant lequel TOUTE la population tatare fut déportée en Asie centrale. Soit 238.500 déportés et 110.000 décès dans les 18 mois suivants, soit un taux de mortalité de 46 % dû à la famine et aux conditions du « voyage ». Peu de temps après le Surgûn, des mesures administratives vexatoires vinrent compléter le nettoyage ethnique : l’autonomie de la presqu’île fut supprimée, et 80 % des noms de localités tatars furent changés en noms russes.

Ukrainiens et Tatars commémorent ensemble cette journée depuis quelques années, notamment depuis l’annexion russe en mars-avril 2014. En Ukraine continentale, une minute de silence sera respectée en hommage au peuple tatar. La Crimée occupée, elle, ne le pourra pas. Les autorités d’occupation ont interdit tout rassemblement, mesure désormais traditionnelle. Auparavant, Tatars et Ukrainiens se retrouvaient au somment du mont Çatır Dağ (Tchatér-dag) en prononçant le mot d’ordre : Millet! Watan! Qirim! qui signifient Peuple! Patrie! Crimée!

Fraternité dans le peuple
≡ Olena Teliha

Poétesse et militante nationaliste de premier plan, Olena Teliha est née en Russie dans un milieu russophone. Ce n'est qu'après avoir pris conscience de ses racines ukrainiennes qu'elle décidera d'apprendre l'ukrainien et de s'engager jusqu'au sacrifice ultime pour la libération de l'Ukraine. Opposée au nazisme comme au communisme, elle incarnera la fine fleur de la jeunesse idéaliste sourde aux sirènes des idéologies étrangères. Le texte que nous publions fait partie de ses derniers. Quelques mois plus tard en février 42, elle sera de la charrette : on pense qu'elle a été fusillée à Babyn Yar comme nombre de ses amis et frères de combat. Son plaidoyer contre l'internationalisme trompeur, faux-nez de l'impérialisme russe, n'a rien perdu de son actualité.

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Le 9 mai 1945, drôle de victoire pour l’Ukraine

Tous les 9 mai, c'est la même histoire. Ou plutôt, la même version de l'histoire. L'Armée Rouge a libéré l'Ukraine et vaincu le fascisme. Vous me le copierez cent fois si vous n'y croyez pas !

Le dogme soviétique de la libération de l’Ukraine en 1945 serait un peu comme ces dogmes des temps antiques, révérés comme sacrés et voués à être transmis dans les siècles postérieurs; de ceux dont on ne polémiquerait même plus, car l’enjeu tant pratique qu’idéologique n’en vaudrait plus la peine. Pourtant, ce dogme soviétique est bien, de tous les autres, le plus abrutissant. Il court-circuite toute réflexion sur la nature réelle des relations entre deux peuples qui risquent dorénavant de s’affronter à tout moment.

Dogmatisme historique

D’après Poutine, la Russie aurait vaincu l’Allemagne même sans l’Ukraine (16 décembre 2010). Des propos qui blessent encore profondément les vétérans ukrainiens de l’Armée rouge. De Stalingrad à Berlin, en passant par la grande bataille de Koursk et le sanglant passage du Dniepr (500.000 morts, 10 fois le Débarquement en Normandie) ils ont tenu le front dans les pires souffrances. L’Ukraine fut détruite et pratiquement pas indemnisée, elle dut même reconstruire la Crimée dans les années 60. Quatre citoyens soviétiques sur dix tués durant la Seconde Guerre mondiale furent ukrainiens. Mais comme Poutine, la France n’en tient pas compte. Les 9 millions de morts ukrainiens ne valent pas même une pâquerette lors des cérémonies nationales. Il en est tout autrement des honneurs dévolus aux Russes, lesquels ont été conviés par la République aux cérémonies de 2016, et ce malgré la « crise » ukrainienne. C’est donc Poutine qui a « représenté » l’Ukraine sur les plages du Débarquement le 6 juin, juste après l’arrivée à Saint-Nazaire de 400 marins russes, débarquant en France pour se former à bords de navires d’assaut et de commandement Mistral.1

Quant au 9 mai ukrainien, il avait pris en 2014 après la révolution du Maïdane, un goût particulier. Aux parades habituelles du souvenir s’était ajoutée l’odeur du sang et de la poudre. On aurait dit une chasse aux hérétiques. A Donetsk, le chef de la fanfare ayant eu le tort de jouer l’hymne ukrainien, en fut quitte pour une gifle publique. Mais à Marioupil (ville totalement russifiée) les soldats ukrainiens venus libérer la préfecture aux mains des « terrorusses » se firent traiter de fascistes. On vit des civils, sans armes, en train de pourchasser les « nazis de Kiev » comme des fanatiques allant au martyre. L’effet « 9 mai » tous les ans redouté redoublait t’intensité. De nombreuses provocations avaient déjà eu lieu, avec blessés pas balles et rixes mémorables. Mais cette année-là on peut dire que la réalité dépassa la fiction. On rejoua littéralement la « libération » de l’Ukraine. Pas avec des figurants comme auparavant, mais à balles réelles.

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  1. Le nouveau président ukrainien, Pierre Porochenko, a été invité au 70e anniversaire du Débarquement de Normandie après la première publication de cet article en 2014; c’est une première historique.