« Les Ukrainiens en Franche-Comté, de la SS aux FFI » (Conférence)

Fondation de la France Libre
16 Cour des Petites Écuries, 75010 Paris, Paris
Mercredi 25 avril 2018, 18 heures

La Crimée occupée

Synthèse et bilan de l'occupation russe de la Crimée depuis mars 2014 à ce jour. Ce qui était censé devenir la vitrine économique de la Russie à l’instar de Sotchi n’est plus qu’une vaste « zone grise » militairement sanctuarisée.

Magie des objets ukrainiens (livre d’art)

Un beau livre ukrainien enfin publié en français – voilà qui ne court pas les rues. Mais ô bonheur, on en trouve un au Salon du Livre qui se tient à Paris cette semaine

La bataille de Krouté

Il y a 100 ans eut lieu une des batailles les plus vénérées en Ukraine pour sa dimension particulièrement sacrificielle.

Les fêtes de fin d’année en Ukraine, des Scythes à nos jours (I)

La Noël ukrainienne a conservé le caractère à la fois mystique et frétillant que pouvait avoir jadis cette fête à travers l'Europe, d'un bout à l'autre du continent.

L’hybression russe – Analyse et chronologie détaillée 2002-2017

Guerres du gaz, guerres hybrides, cyberattaques, énergo-militarisme et autres perfidies venues de Russie. Après la famine artificielle, le chaos artificiel...

Les bordels de Lviv des origines à nos jours (I)

Si le temps a passé son voile opaque sur la belle Cité, il suffit de le soulever discrètement pour découvrir tout un monde aujourd’hui disparu. Un petit passage par les maisons closes qui vaut bien des nuits blanches en bibliothèque.

Gogol l’Ukrainien ?

Parmi les Ukrainiens ayant le plus compté dans l’Histoire de leur pays, le cas Nikolaï Gogol ou plus exactement Mékolaï Hohol en ukrainien, ne manque jamais de ranimer les thèmes éternels de l’identité et de la langue ukrainienne si malmenées dans ce pays depuis des siècles.

Amina Okouïeva assassinée par un commando

Un commando de tueurs embusqués s'est attaqué au célèbre couple de résistants ukraino-tchétchènes Adam et Amina Okouïev

Députés français ayant voté contre l’ukrainisation de l’enseignement en Ukraine

Les députés de La République en Marche ont constitué l'essentiel des voix

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La Crimée occupée

Bilan de l’occupation russe en Crimée, ses conséquences juridiques, militaires, politiques et économiques, ainsi que les multiples violations des Droits de l’Homme constatées en quatre ans d’annexion.

Après quatre ans d’occupation russe, le bilan économique et social de la Crimée illégalement annexée s’est à tout point de vue dégradé, et aucune amélioration à court et moyen termes n’est en vue. Outre ce cuisant échec, la Crimée essentiellement réduite aux fonctions militaires et policières de l’expansionnisme russe, sert à présent de laboratoire grandeur nature à toutes sortes d’expérimentations politiques visant à renforcer le pouvoir central, lui-même concentré au sein du clan Poutine. Cette dernière dimension permet non seulement aux ex-kaguébistes, aujourd’hui hauts fonctionnaires, d’élargir leur mainmise sur la Russie-même, mais d’optimiser leurs projets d’occupation et d’annexions potentielles, notamment dans l’est et le sud de l’Ukraine. Avec l’afflux d’hommes et d’armements transformant la presqu’île ukrainienne en une vaste base militaire dotée de missiles à courte et moyenne portées, les menaces pesant déjà sur l’Ukraine s’étendent à l’Europe, et s’en trouvent particulièrement aggravées en Mer Noire.

Les Droits de l’Homme et la société civile sont expressément visés en Crimée occupée. La péninsule est devenue un territoire à part sur le plan judiciaire et politique, et il est fort possible que ce « retour d’expérience » engendre un renforcement de l’autoritarisme poutinien en Russie-même.

Cependant, hormis un indéniable succès de propagande intérieure, l’intégration de la Crimée à l’État moscovite n’a rien d’un essai concluant. Comme le démontre la présente synthèse, les habitants de la Crimée ont perdu une bonne part de leur pouvoir d’achat et de leur liberté de mouvement. La seule « réussite » de l’annexion consiste essentiellement en la mise en place d’un arsenal nucléaire aux portes de l’Europe. Mais c’est également une faute tactique réduisant à néant les chances de voir la Crimée reconnue comme russe à part entière.

Se faisant, dès les premières semaines d’occupation, la Russie s’est tout de même attaquée aux questions d’intégration juridique, économique et humaine de la Crimée, sans oublier la question cruciale de la légitimation internationale de l’annexion. À ce jour, l’acceptation de facto de cette annexion par la communauté internationale est devenue l’un des axes majeurs du lobbying russe exercé à tous les niveaux. Les sanctions occidentales reconduites depuis quatre ans, ainsi que la question de leur levée totale ou partielle, font elles aussi partie de notre synthèse. Read More

Magie des objets ukrainiens (livre d’art)

Un beau livre ukrainien enfin publié en français — voilà qui ne court pas les rues. Mais ô bonheur, on en trouve un au Salon du Livre qui se tient à Paris cette semaine, et j’ai la chance d’en avoir acheté le premier exemplaire jamais vendu. Il s’agit de Skrénia, magie des objets, un livre richement illustré, mêlant l’ancien et le moderne par tout un jeu de collages inventifs.

En Ukraine, alors que le village ukrainien se meurt, l’engouement éditorial pour les « vielles choses » du folklore et des arts traditionnels bat des records. Fétichisme rétro ? Angoisse de la perte de soi ? Régression identitaire ? Chacun en tirera ses conclusions. Néanmoins, si le monde des symboles omniprésent dans ces arts anciens est longtemps demeuré rural, à présent il envahit les villes. Ce qui donne à ce livre un aspect assez singulier, tranchant net avec le manque total de spontanéité et de naturel des invités d’honneur de ce salon, da, j’ai nommé nos ennemis les Russes. Enfin pas tous.

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La bataille de Krouté

Il y a 100 ans eut lieu la bataille de Krouté, une des plus vénérées en Ukraine pour sa dimension particulièrement sacrificielle. Elle est célébrée le 29 janvier, mais se déroula essentiellement dans les premières heures du 30 janvier 1918. La jeune garde ukrainienne livrait alors son premier combat contre l’invasion bolchevique. Combat en tout inégal qu’elle ne pouvait remporter, mais devoir sacré dont elle sut courageusement s’acquitter.

La horde rouge dix fois supérieure en nombre alignait 4.000 soldats et fusiliers marins. Contre elle, des cadets, des volontaires encore frais émoulus, de jeunes recrues, quelques cosaques. Pour la République Populaire d’Ukraine (UNR) qui n’était indépendante que depuis quelques jours, retarder les colonnes russes arrivant du Nord relevait d’une nécessité absolue.

Plus à l’est, les régions de Kharkiv et de Poltava étaient déjà occupées. Comme de nos jours, les Russes choisirent de prendre d’abord appui en Ukraine orientale et méridionale. Avant de frapper le cœur du pays, ils s’emparèrent de Kharkiv le 26 décembre 1917 et y installèrent un gouvernement fantoche. Un mois plus tôt à Odessa, l’UNR encore autonome évita manu militari le même scénario. L’armée d’invasion forte de 30.000 hommes se composait de militaires de l’armée régulière ainsi que des fameux « Gardes Rouges », troupes plus ou moins paramilitaires et levées surtout dans le Donbass et la région de Kharkiv dans l’est du pays. Des « soulèvements » populaires, très clairement armés et fomentés par les bolcheviques russes éclatèrent dans toute l’Ukraine.

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Les fêtes de fin d’année en Ukraine, des Scythes à nos jours (I)

Pays de traditions, l’Ukraine perpétue de nos jours encore des rites et des coutumes dont l’origine remonte à l’ancienne religion des Slaves, l’antiquité gréco-latine, le christianisme primitif et selon certains, aux croyances « aryennes » enracinées chez les Scythes et autres peuples iranophones d’Europe. La Noël ukrainienne a surtout conservé le caractère à la fois mystique et frétillant que pouvait avoir jadis cette fête à travers nos régions, d’un bout à l’autre du continent.

 

Les fêtes de fin d’année en Ukraine correspondent au Cycle d’hiver, série de fêtes communes à la plupart des peuples européens. Jadis ce cycle était beaucoup plus étalé dans le temps et collait davantage au rythme astral qu’aux algorithmes commerciaux d’aujourd’hui. À partir du XIe siècle, ces fêtes furent progressivement adaptées aux cérémonies chrétiennes, bien que reposant essentiellement sur des rites calendaires agricoles parfaitement païens. Exception notable, en Ukraine et en Russie les festivités débutent avec un écart de 13 jours par rapport à la grande majorité des pays chrétiens. Décalage essentiellement dû au refus de suivre la réforme du calendrier élaboré au XVIe siècle en Occident (voir les explications détaillées au chapitre III).

En marge de ces rites déjà très riches en symbolisme, la question de l’héritage « iranien » a passionné certains chercheurs ukrainiens et européens, dont les travaux de qualité parfois inégale ont ouvert la voie à toute sorte d’interprétations. Nous avons réservé cette question un peu hasardeuse aux lecteurs les plus patients, en fin d’article. Comparer les composantes scytho-iraniennes et slave-orientales de ces rituels sacrés est un exercice périlleux, surtout quand le propos scientifique dégénère en affrontement idéologique.

Néanmoins, frappées d’interdiction ou détournées par le régime bolchevique, les coutumes de Noël reviennent en force en Ukraine. Tout ce qu’elles expriment du sentiment national et familial ne saurait échapper au regard attentif ni à l’écoute des chants de Noël ukrainiens, qui sont bien plus que des chants comme nous le verrons. Ces dernières années, certaines coutumes comme le petit théâtre de Noël se sont même politisées. La satire sociale a toujours été féroce dans ces crèches vivantes, et les fêtes de fin d’années un moment de brève liberté et de plaisirs.

Dans un monde globalisé, on comprend spontanément ce qu’une société en mal de justice et jalouse de son identité gagne à les maintenir. Mais alors, où sont passés les Noëls d’antan ? se demande-t-on. Hélas, le noëliste assidu aura beau chercher dans les archives la moindre trace de « l’authentique célébration » telle que l’auraient pratiquée ses ancêtres, toute sa verve ne saurait rendre ce qu’elle fut réellement à travers les siècles. Rustiquement emmaillotées sous leur vernis patois, toutes ces traditions de Noël n’en reflètent aujourd’hui que l’aspect formel et convenu. Ce qu’on appelle, avec une touche d’ennui, « les traditions ». Du reste la vie populaire n’est pas la vie spirituelle. Et en Ukraine ces traditions ne sont pas toujours du meilleur goût non plus.

Or, s’il manque bien quelque chose à ces fêtes de nos jours, c’est bien cet esprit particulier, porteur d’un message que nous ne savons plus lire. Et tout cela ne réduit en rien la magie de Noël, bien au contraire.

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L’hybression russe
– Analyse et chronologie détaillée 2002-2017

L’hybression ou "hybrid agression" en anglais, peut être définie comme la stratégie de destruction d’un État par un autre via des moyens militaires et non-militaires combinés. Dans le cas précis de la guerre russo-ukrainiennne, il s’agit de désouvrainiser et de décrédibiliser l’Ukraine en tant qu’État aux yeux de l’UE et de l’Otan. Après la famine artificielle, le chaos artificiel. Mais au-delà de l’Ukraine, c’est l’unité du continent européen que le régime poutinien met en péril.

Pluridimensionnelle et polydestructive, l’hybression vise à annihiler le potentiel vital de sa cible en l’attaquant de l’intérieur tout en ajustant ses coups de l’extérieur. Une hybression est menée à plusieurs niveaux : politique, militaire, économique, informationnel, humanitaire et bien d’autres. Le but recherché est tout d’abord la substitution des valeurs fondatrices du pays-cible par celles du pays-agresseur, celles-ci devant toujours apparaître comme plus prometteuses et plus attrayantes. Pour se faire, une série de faux projets doit être annoncée.

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Les bordels de Lviv
des origines à nos jours (I)

Lviv, qu’on prend souvent pour un musée à ciel ouvert, n’a jamais été une ville de mormons, c’est le moins qu’on puisse dire. Toute une tradition de plaisirs demeure aisément décelable à travers le génie des lieux. L’histoire même de la prostitution nous en dit long sur l’évolution des mentalités et les rapports entre communautés. Si le temps a passé son voile opaque sur la belle Cité, il suffit de le soulever discrètement pour découvrir tout un monde aujourd’hui disparu. Un petit passage par les maisons closes qui vaut bien des nuits blanches en bibliothèque.

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Gogol l’Ukrainien ?

Parmi les Ukrainiens ayant le plus compté dans l’Histoire de leur pays, le cas Nikolaï Gogol ou plus exactement Mékolaï Hohol en ukrainien, ne manque jamais de ranimer les thèmes éternels de l’identité et de la langue ukrainienne si malmenées dans ce pays depuis des siècles.

L’Ukraine de Gogol est enveloppée d’une fleur poétique, comme sa Russie est abominable de désolation, écrivait en 1902 le célèbre critique littéraire Simon Venguerov. Le spécialiste russe en concluait que pour Gogol, la Russie était le royaume mort des âmes mortes.1 Des mots qu’on ne risquerait pas d’entendre sur nos ondes ni dans nos universités. Encore qu’au-delà du seul Gogol, l’Ukraine désormais affranchie du joug moscovite sur 95 % de son territoire, semble toujours incapable de trancher ses propres questions identitaires. Elle en serait presque à renier une de ses plus belles plumes si quelque chose de profondément ukrainien ne transparaissait dans l’œuvre gogolienne.

Illustre initiateur de la prose russe, mais aussi génial écrivain ukrainien parfaitement formé aux lettres et aux traditions de son pays natal, Gogol est bien plus ukrainien que le « tractoriste » du Donbass2 et quoi qu’il en soit bien plus ukrainien qu’on pourrait le croire en France. Mais en Ukraine, sa perception est toujours mitigée. On l’abandonne aux Russes comme on a abandonné la Crimée, ou bien on le défend comme on défend le Donbass. Ce statut pourtant peu ordinaire est assez répandu au sein de la population, et quels que soient les points de vue l’observateur plus ou moins averti sera toujours troublé par la cas Nicolas Gogol, incarnation à lui seul d’une inextricable dualité. Avec Gogol il s’agit d’un cas extrêmement pathologique.

Nicolas Gogol par Otto Friedrich von Möller, début des années 1840

C’est que le mal ou le démon qui finit par avoir la peau de Mékolaï Hohol demeure celui de nombreux « Petits-russiens » incapables de trancher entre leurs racines ukrainiennes et le formatage russo-soviétique, formatage en réalité plus ancien et profondément gravé dans les mentalités comme nous allons le voir. Certes, l’interminable guerre russe contre la trop libre Ukraine, l’annexion sournoise de la Crimée et toute cette envahissante « fraternité » affichée par Moscou commencent à changer la donne, mais le sursaut patriotique apparu en 2014 ne saurait agir rétroactivement. On ne pourra donc jamais « décoincer » Nicolas Gogol de son statut éternellement ambigu et comme à jamais figé entre deux mondes aussi liés qu’incompatibles. Situation d’autant plus inconfortable que l’âme céleste de l’Ukraine et le monde infernal de la Russie sont en guerre et que cette guerre n’en finira jamais.

Pour s’en rendre compte, il faudrait faire un tour dans le Purgatoire où végètent les grands Ukrainiens « non homologués », jugés d’hybrides voire de malfaçons. Pour reprendre une image plus gogolienne, il faudrait s’introduire dans le bureau du Révizor et soulever la pile de dossiers où croulent encore toutes ces âmes perdues pour l’Ukraine. C’est que la mentalité du pays est ainsi faite, spirituellement riche, mais si convoitée et percluse d’impacts qu’on ne saurait dégager des ruines de l’histoire la moindre statue qui ne fasse débat ou ne pose question. Au vrai, à la fin de sa vie l’homme lui-même ne savait plus qui il était vraiment : Gogol le russe ou Hohol l’Ukrainien ?3 A son amie Alexandra Smirnova, il écrit en décembre 1844 qu’il ne sait pas à quel pays appartient son âme, et qu’il ne saurait trancher entre l’Ukraine et la Russie. Mais on remarquera qu’il sait parfaitement distinguer l’une de l’autre et que c’est déjà beaucoup dans un contexte où le discours dominant cherche à nier l’existence du particularisme ukrainien.

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  1. Semyon Afanasevitch Vengerov, Gogol écrivain-citoyen, in « Œuvres de S. Vengerov« , tome II, Saint-Pétersbourg, 1913, p. 126. 

  2. Clin d’œil à une fameuse phrase de V. Poutine qualifiant de simples « tractoristes » les terroristes engagés par le FSB pour déstabiliser l’est l’Ukraine sous couvert de rébellion populaire. 

  3. Le son « h » n’existant pas en russe, la lettre « h » se prononce « gu » en russe et c’est ainsi qu’on a transcrit le nom de l’écrivain en français. 

Peynier
Hommage aux volontaires
ukrainiens de 1939-1940

En 1939, cinq ou six mille volontaires ukrainiens s’engagèrent dans la Légion. Le dernier combat « pour l’honneur de l’armée française » est l’œuvre de légionnaires ukrainiens.

Pour ne pas combattre sous le drapeau polonais, de nombreux Ukrainiens vivant en France choisirent la Légion étrangère. C’est que la situation d’une majorité d’Ukrainiens de Galicie et de Volynie arrivés en France dans l’entre-deux-guerres était devenue des plus absurdes: en tant que citoyens polonais, ces patriotes ukrainiens opposés à l’occupation polonaise de l’Ukraine occidentale étaient incorporables dans les troupes polonaises à l’étranger.

Le témoignage d’un ancien de ces légionnaires résume bien la situation : « Vous êtes Polonais ? Attendez un instant, un sergent polonais va venir s’occuper de vous… » – « Je suis Ukrainien ! Je saurai aller chez les Polonais sans votre aide, mais je ne veux pas aller dans leur armée ! » Le secrétaire s’emporta et me mit à la porte, ce dont j’étais ravi pour m’éclipser avant la venue du sergent polonais. Je n’avais pas le choix, il me fallait aller à Sathonay [nord de Lyon] au centre principal de la Légion. Avec peine, je demandais ma route et partis. J’avais à peine franchi le portail de la caserne à Sathonay que j’entends des chants, j’écoute plus attentivement et je n’en crois pas mes oreilles, c’est une chanson ukrainienne. Nos gars de toutes les « Prosvita » [ass. culturelle ukr.] de France étaient arrivés là pour s’engager dans la Légion.

 

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Amina Okouïeva assassinée par un commando

Le 31 octobre 2017, vers 20h30 heure ukrainienne, un commando de tueurs embusqués s’est attaqué au célèbre couple de résistants ukraino-tchétchènes, Adam et Amina Okouïev.

Pris pour cible alors qu’il traversait un passage à niveau de la banlieue de Kiev, le couple a essuyé plusieurs rafales d’armes automatiques touchant Amina en pleine tête. Elle n’a pas survécu. Quant à son mari blessé à la jambe, il réchappe pour la seconde fois cette année à un attentat. Le combattant a expliqué les circonstances de l’attentat juste après son hospitalisation.

Amina Okouïeva, chirurgienne et militante de 34 ans, s’apprêtait à rentrer chez elle, dans le pavillon qu’elle construisait elle-même avec son époux. Elle devait ensuite se rendre au chevet du député ukrainien Ihor Mossiïtchouk, lui-même pris pour cible lors d’un attentat à la voiture piégée survenu la semaine dernière à Kiev.

Quelques mois auparavant, le couple avait affronté un premier attentat au cours duquel l’assaillant avait pu être neutralisé in extremis. En juin 2017, en plein centre de la capitale ukrainienne, un faux journaliste avait approché les deux figures de la Résistance tchétchène et tiré à trois reprises sur Adam Okouïev depuis la banquette arrière de leur véhicule. Son épouse eut juste le temps de dégainer, mais sa riposte fut fulgurante. Atteint de quatre balles tirées à bout portant, l’homme s’effondra sans avoir pu atteindre son objectif. Toujours en vie, l’assaillant allait rapidement dévoiler sa véritable identité. D’après le Parquet de Kiev, Arthur Denisoultanov-Kourmakaïev pourrait être un « envoyé » du président tchétchène Ramzan Kadyrov, dont les sbires opèrent pour le compte du Kremlin depuis une quinzaine d’années. Le malfrat tchétchène, probablement entraîné par les services russes, s’était fait passer pour un journaliste travaillant pour Le Monde dans l’intention d’assassiner Adam Osmaïev. L’homme avait par ailleurs approché d’autres personnalités ukrainiennes en se faisant passer pour un journaliste étranger.

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Députés français ayant voté
contre l’ukrainisation
de l’enseignement en Ukraine

L’Ukraine s’est retrouvée complètement isolée lors d'une résolution de l’Assemblée du Conseil Européen remettant en cause la réforme de l’enseignement des langues en Ukraine, résolution adoptée par 82 voix contre 11.

Le 10 octobre 2017, l’Assemblée qualifiait la nouvelle loi ukrainienne comme n’étant pas propice au “vivre ensemble”, alors qu’elle ne fait qu’introduire l’enseignement de l’ukrainien dans les écoles où cet enseignement n’est pas dispensé. Par ailleurs, la réforme ukrainienne n’interdit aucune des langues enseignées, mais impose la connaissance de l’ukrainien aux minorités nationales. A elles seules, la Hongrie et la Roumanie ont fait le plein de leur voix en apportant 17 votes favorables à la résolution, alors que la Pologne tout aussi concernée n’en a apporté qu’un seule. Un seul député non-ukrainien a voté contre la résolution (John Howell, un conservateur britannique). Toutes les dix autres étaient ukrainiens.

Côté français, les députés de La République en Marche ont apporté l’essentiel des voix représentant la République française, soit 3 voix « pour » et 2 abstentions sur 18 potentielles :

  • Jennifer DE TEMMERMAN (LREM, sans groupe)
  • Jacques MAIRE (LREM, sans groupe, et par ailleurs vice-président de la commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale)
  • Jérôme LAMBERT (Nouvelle gauche, groupe socialiste, prorusse notoire et désinformateur)

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Représentant(s)
de la « DNR » en France

Le 25 septembre 2017, Hubert FAYARD, « représentant » de la pseudo République Populaire de Donetsk en France, avait convié à l’inauguration « officielle » du centre de représentation de la République de Donetsk à Marseille plusieurs maires et députés de la région. Aucun ne s’est déplacé. Le secrétariat de Mme Claire Pitollat, députée LREM de Marseille, avait adressé une lettre standard pour décliner l’invitation. Mais le propagandiste poutinien Xavier Moreau ainsi qu’une poignée d’élus mineurs des environs ont pris part à cette « inauguration » dans la « splendide » salle d’un Novotel de Marseille. (Le groupe Accor avait déjà prêté son concours en Tchéquie, où une pseudo-représentation DNR-ienne similaire à celle de Marseille a depuis été interdite).

Groupe mi-terroriste, mi-tactique russe occupant une partie de la région de Donetsk dans l’est de l’Ukraine, la « DNR » ne bénéficie d’aucune reconnaissance officielle ni en France ni ailleurs dans le monde. Ne bénéficiant d’aucune accréditation diplomatique autre que celle de la pseudo-DNR, cette « représentation » officiellement sise au 180 avenue Prado à Marseille, n’est qu’une association enregistrée à la Préfecture des Bouches-du-Rhône. D’autres ont été ouvertes en Grèce, Finlande, Italie et Tchéquie. Aucune n’est reconnue, certaines ont même déjà été interdites. Peu avant l’inauguration du consulat pirate, le ministère des Affaires étrangères avait fait savoir que l’objet de l’association était illicite et que le  procureur de la République en avait été averti.

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L’Ukraine
≡ Charles-Louis Lesur

Avant la fameuse alliance franco-russe, l'Ukraine n'était pas encore sortie du champ de vision des Français. Au moment des guerres napoléoniennes notamment, l'intérêt pour ce pays potentiellement très riche s'activa tout naturellement, comme le prouve cet extrait. Dans l'Histoire des Kosaques rédigée sur ordre de napoléon, l'essayiste Charles-Louis Lesur donnait un portrait moral et politique des Ukrainiens bien plus en faveur de ces derniers que des Russes. 

Source : Charles-Louis Lesur, Histoire des Kosaques, tome II, livre V, chap. 1, p. 247 à 260. Remarque importante : Lesur utilise principalement la phonétique russe pour transcrire les mots ukrainiens. Ainsi de Setch, la Sitch zaporogue, et de Malo-Russes, Petits-Russiens (nom des Ukrainiens dans l’empire tsariste). Plus tard, le géographe Elysée Reclus donnera également une description de l’Ukraine. Le texte original annoté par Pan Doktor est ici. A noter que l’image désastreuse des Russo-Moscovites est directement inspirée d’un voyageur anglais, Edward Clarke, dont le pays était pourtant allié au tsar.  

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Auschwitz,
l’OUN et l’Ukraine

Auschwitz, Oświęcim en polonais. Petite bourgade cracovienne devenue le plus grand camp d’extermination nazi, symbole à jamais honni du génocide juif et de la folie nazie. Beaucoup d’Ukrainiens, de toutes conditions et de toutes obédiences, franchirent eux aussi cette porte de l’enfer.

Créé en mai 1940, dans un premier temps pour l’intelligentsia polonaise de la région, le camp passe l’année suivante de 700 à 10.000 détenus en un temps record. À cette date la plupart des prisonniers sont soviétiques, soldats de l’Armée Rouge souvent originaires d’Ukraine. Ils sont tatoués, marqués d’un R pour “Russe” quelle que soit leur véritable nationalité, et réduits à l’état d’esclaves bon marché de l’industrie allemande. Siemens, BASF, IG-Farben et Krupp (pour ne citer que ces marques bien connues) installent leurs ateliers à proximité. Mais à partir de l’hiver 41 nombre de ces premiers arrivants servent avec 900 autres prisonniers politiques polonais de cobayes à la solution finale: ziklon B, phénol, crémation, etc… Mixte l’année suivante, le camp devient avec Ravensbrück un important pourvoyeur de cobayes féminins.

Igor Malytsky, 90 ans en 2015, survivant ukrainien d’Auschwitz. Sur les réseaux sociaux, les Russes l’ont noyé de commentaires odieux à cause du ruban jaune et bleu qu’il arborait sur les lieux mêmes de sa déportation.

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Le plan de partition
de l’Ukraine

En février 2015, l'un des derniers journaux de Russie (le reste n’est que perroquets accrochés au grand mât du Kremlin) avait publié un plan en 7 points majeurs vraisemblablement soumis à V. Poutine dans la première quinzaine de février 2014.

D’après Novaya Gazeta, le très-orthodoxe milliardaire Kostantyn Malofeyev (voir l’encadré au bas de cette page) aurait participé à sa rédaction. La version russe originale éditée par Andrey Lipsky est ici. Nous en publions ici une courte synthèse commentée destinée au public français.

Dans ce plan sont consignées de fort remarquables observations quant à la partition de l’Ukraine, avant même l’arrivée au pouvoir de la « junte de Kiev ». Rien de nouveau en soi, mais les détails ont leur importance et en disent long sur les complicités occidentales et ukrainiennes qui ont mené l’Ukraine là où elle se trouve un an plus tard. L’intéressé a d’ores et déjà menacé de poursuites Novaya Gazeta, sans doute à cause des fortes similitudes entre ce plan et tous les crimes qui ont été commis entre-temps.

Si l’on devait le résumer en quelques mots, il s’agit d’un plan d’agression crapuleux sous prétexte de secours. On y trouve tous les ingrédients des plans nazis en Europe centrale, référence du reste parfaitement assumée dès le préambule. Le document fait donc partir en éclat la propagande franco-russe principalement axée sur les prétendues « menaces » contre la langue, la population et les intérêts russes en Ukraine qu’aurait représenté le Maïdane. Il table au contraire sur les faiblesses de l’Ukraine, la passivité et même la complicité de l’Europe. D’où sort donc cette paranoïa ?

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A COSSACK POET
≡ William Morfill

La première biographie de Taras Chevtchenko jamais publiée en anglais date de 1886, soit un quart de siècle après la mort du poète national ukrainien. Elle est de William Morfill, professeur d'Oxford et premier slaviste du monde anglophone à avoir reconnu l'Ukraine comme entité culturelle distincte de la Russie. En voici la version originale telle que publiée dans le Macmillan Magazine.

Source : William Richard Morfill, A Cossack Poet. Macmillan Magazine, T. 53, N. 318 (avril 1886), pp. 458-464. Remarque importante : Morfill utilise principalement la phonétique russe pour transcrire les mots ukrainiens. Ainsi de Setch, la Sitch zaporogue, et de Malo-Russians, Petits-Russiens (nom des Ukrainiens dans l’empire tsariste). La première biographie de T. Chevtchenko en français avait paru dix ans plus tôt. Le texte original annoté par Pan Doktor est ici.

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Dessins de presse:
Entre rire et colère…

L’actualité russe et ukrainienne à travers les dessins de presse publiés en France et dans le reste du monde. Chapatte, Wilhem, Pancho, Plantu, Toles et bien d'autres y dénoncent le plus souvent la fourberie de V. Poutine et la faiblesse de l'Occident.

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Collabos et autres grues

Charb ( † Stéphane Charbonnier), Charlie Hebdo, mars 2014

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Quand le soleil se baigne en Ukraine : la nuit d’Ivan Koupala

Si d’aventure, passant par l’Ukraine dans la première semaine de juillet, vous apercevez sur quelque rive paisible, des couples couronnés de fleurs, gambillant comme des païens, récitant des vers à mère nature, et chantant en chœur Ivana Koupala, vous ne comprendrez peut-être pas ce qui se trame. J’inclinerais à croire que moi non plus. Mais, selon le mot de Montaigne, la parole appartient pour moitié à celui qui parle, pour moitié à celui qui écoute…

Nous sommes en été, les moissons approchent. Aux alentours du 21e jour de juin, l’astre solaire s’est arrêté. Du moins, à en croire l’étymologie du mot solstice, le flambeau du monde se maintient durant quelques jours avant de reprendre sa course. Il est au plus haut dans le ciel et rend les nuits plus courtes en été ; c’est l’inverse en hiver, lorsqu’il est au plus bas.

Bien que le véritable solstice d’été soit maintenant passé d’une quinzaine de jours, c’est bien une fête solsticiale qui s’offre à vos yeux. L’orthodoxie astronomique aurait voulu qu’on célébrât cette Saint-Jean au moment du solstice même, mais l’Orthodoxie chrétienne en veut autrement. Le calendrier julien, dit « ancien style », prévaut toujours en religion. La réforme du pape Grégoire XIII, pourtant plus proche des rythmes solaires, est éclipsée.

L’un des multiples noms de la Saint-Jean célébrée des pays balkaniques aux pays baltes, se dit en ukrainien Den’ na Ivana Koupala, c’est-à-dire Journée de Jean Koupala : Ivan, pour Jean (le Baptiste), et Koupala, de Koupaylo, dieu slave de l’abondance. Le nom même procède du compromis entre la fête païenne et la fête chrétienne, comme si en France la Saint-Jean était appelée Journée de Jean Cernun (de Cernunnos, dieu gaulois de l’abondance).

Malgré tout, des badauds ébaubis aux fidèles extatiques, tout le monde semble croire à la légende d’Ivan Koupala. Personne ne fait cas de l’ermite du Jourdain. Les couleurs du paganisme revivent. On dit même que, ce soir, la fougère fleurira. Et la routa, cette plante aux fleurs habituellement jaunes, le temps d’un regard rougira. C’est la fameuse tchervona routa (la rue rouge) des chansons ukrainiennes, dont l’air résonne aujourd’hui des communions de Los Angeles aux Bar-Mitzvah de Tel Aviv. On dit aussi que quiconque verra ces fleurs enchantées en amour s’épanouira. Doux présages… mais, à moins de confondre cette fugace rutacée avec un vulgaire rhododendron, ou à moins d’être assoté d’eau de vie (ce qui est plus probable), il faudra beaucoup chercher ! Quoi qu’il en soit, cette journée est un des moments les plus poétiques de l’année ; et jadis, c’était la plus grande célébration calendaire, sorte de Noël païen, au début du cycle naturel. « Jadis », c’est-à-dire avant que la religion du Christ ne s’impose chez les Slaves orientaux et que les réfractaires ne soient pieusement massacrés. La Lettonie, christianisée par le glaive teuton, a même rendu ce jour férié en honneur de la poésie (c’est le Ligo, fêté le 23 juin, la veille de la Saint-Jean).

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